Archive for mars, 2010

Un vide béant en forme de Sophie…

1

Cher lecteur, jolie lectrice, si tu vois mes cheveux soyeux devenir gras, ma voix se casser et mon visage barbu se recouvrir d’acné, ne t’inquiète pas : c’est normal. Depuis quelques semaines et le début de mon histoire à la Hugh Grant (cf. le post précédent), j’ai l’impression de retomber en adolescence (ce retour à l’âge ingrat est sponsorisé par les moqueries du chef des sacoches Akibag, des sacoches pour netbook qui roxxent, mais ce lien, lui, n’est pas sponsorisé, c’est juste un coup de pub pour un copain entrepreneur kinenveu). Je souris bêtement – voire niaisement – à chaque message de ma belle, je soupire et je glousse de plaisir quand nous passons du temps ensemble, et j’ai le cœur qui s’emballe comme un jeune premier quand elle me serre dans ses bras de toutes ses forces, comme si chaque atome d’air et de tissus entre sa peau et la mienne était si intolérable que seule la violence de nos étreintes pourrait la compenser.

Je redeviens ado, donc, mais pour mon plus grand bonheur. C’est même presque trop, en fait, cela en frise l’indécence. Outre mon trouble réel et même physique, l’intensité de mes sentiments est si brûlante que j’en ai le tournis et, en toute honnêteté, j’en ai même un peu peur. Fidèle lecteur, régulière lectrice, tu sais combien le mot amour est important pour moi. Tu sais aussi combien j’abhorre l’hypocrisie. En conséquence, je n’ai jamais dit « je t’Aime » sans le penser, et ceux qui usent et abusent de la formule sans en mesurer la force et la portée m’agacent. Du coup, je crois que je n’ai jamais dit « je t’Aime » à qui que se soit sans avoir fréquenté intensivement, voire intimement, la personne en question au moins deux ou trois mois. Minimum. Quand tout se passe bien et que je m’emballe vite.

Bout à bout, j’ai probablement passé moins de 24 heures avec Sophie avant d’en avoir la certitude, avec une conviction si inébranlable qu’elle m’en a donné le vertige.

L’arrivée de mon étoile dans ma vie a complètement chamboulé ma tête. Pas forcément mes convictions profondes sur le sens de la vie, de l’univers, et du reste (42), ni même sur la nature et le fonctionnement du sentiment amoureux mais… En fait, je crois que c’est ma certitude d’avoir « fait le tour » de MON fonctionnement amoureux et émotionnel qui s’est prit un sale coup dans les dents. Avant mars 2010, et depuis près de 10 ans, suite à une loooooooooongue introspection (et à ma reconstruction « post-Magali » pour ceux qui ont un peu suivi ma vie sur le blog ou en privé), j’avais en tête une image nette, précise, et aux contours bien délimités du fonctionnement de mon cœur et de mon rapport à autrui. Et depuis dix ans, absolument chaque relation, qu’elle soit éphémère, amicale ou amoureuse, était rentrée bien tranquillement dans ce cadre, renforçant sa rigidité et mes certitudes alors que je passais de bras en bras.

Et puis il a fallu qu’une jolie blonde fasse voler ce petit cadre en éclat en quelques heures. Et sans violence, sans le vouloir, ni le faire exprès.

Je ne sais pas où je vais. Je ne sais vraiment pas comment gérer ce torrent d’émotions en moi. Moque toi, cynique lecteur, cruelle lectrice, mais j’ai passé une demi heure à pleurer comme un gosse hier soir face à mon incapacité à gérer à la fois ma joie de l’avoir tout contre moi, peau contre peau, et d’entendre ses « je t’Aime » se faire l’écho des miens, et l’intolérable douleur de savoir qu’elle partirait en train quelques heures plus tard, pour ne pas revenir pendant de nombreux jours, révisions de médecine obligent. Ce trop plein d’émotions, intensément euphoriques et violemment insupportables en alternance, a créé comme des montagnes russes dans mes veines. La seule sortie qu’il a trouvé, c’est mon canal lacrymal. Et pourtant je n’étais pas « triste », juste… ému, tout simplement. Je suis seul au moment où j’écris ces lignes, la belle est loin, à travailler, et mon appartement ne m’a jamais semblé aussi vie et morne que depuis qu’elle l’a quitté. Lorsqu’elle y est entré, j’ai remarqué par inadvertance qu’il y avait dans ma vie un creux énorme en forme de Sophie, que j’avais eu la chance d’occulter jusqu’à présent, mais qui se rappelle maintenant douloureusement à moi à chaque seconde où je respire un autre air que celui qui sort de ses lèvres.

Je ne sais pas comment le gérer, disais-je plus haut, alors je ne le « gère » pas. Je me contente de le vivre, au jour le jour, avec pour seule différence avec mon comportement antérieur le fait que maintenant, je regarde un peu devant moi au lieu de ne regarder QUE ce présent qui, pendant de nombreuses années, a été le seul et unique temps qui m’a importé. Ma petite étoile m’a apporté un petit morceau de futur dans ma vie. C’est très inhabituel, mais indubitablement agréable.

Mais je vois que tu commences à te lasser, impatient lecteur, bougonne lectrice, et je vais me forcer à arrêter ici mes mots qui parlent d’elle, de peur de te faire fuir avec des mots peut être un peu plus « bateau » voire « gnan-gnan » qu’à mon habitude. Mais ne m’en veut pas, comme je te l’ai dit, je redeviens un ado, alors pardonne moi cette crise (mais abats moi sans sommation si je me mets à aimer Twilight ou Justin Bieber), et partage un peu avec moi ce bonheur qui déborde de ma tête et mon cœur. Peut être que si je t’en donne un peu, je m’y noierai moins, et je récupèrerai un peu de ma raison… même si, en toute honnêteté, je ne suis même pas certain de vouloir la récupérer.

Je te quitte donc avec un paragraphe très librement inspiré de cet auteur qu’elle n’aime pas et qui a néanmoins un petit peu modelé ma vie (un point baron pour toi, challenger lecteur, joueuse lectrice, si tu trouves le livre et le passage dont je me suis inspiré et que tu me le donnes en commentaire) :

Tout d’un coup il m’est devenu indifférent de ne plus avoir de papillons dans mon lit.
Tout d’un coup il m’est devenu indifférent de ne plus avoir pris de cocaïne depuis deux ans.
Tout d’un coup il m’est devenu indifférent de ne pas être David Bowie.
Tout d’un coup il m’est devenu indifférent de ne pas savoir par cœur le monologue de fin d’American Beauty.
Tout d’un coup il m’est devenu indifférent de ne pas avoir fait l’amour à Evan Rachel Wood.
Tout d’un coup il m’est devenu indifférent de n’avoir pas écrit Lolita à la place de Nabokov.
Tout d’un coup il m’est devenu indifférent d’avoir les cheveux qui ne restent pas lisses.
Tout d’un coup il m’est devenu indifférent qu’une semi-paralysie m’empêche de jouer de la guitare autant qu’avant.
Tout d’un coup il m’est devenu indifférent de n’avoir jamais chanté devant des milliers de gens.
Tout d’un coup il m’est devenu indifférent d’avoir honte de mon dos.
Tout d’un coup il m’est devenu indifférent de ne pas manger.
Tout d’un coup il m’est devenu indifférent de ne pas boire.
Tout d’un coup il m’est devenu indifférent de ne pas mourir.
Tout d’un coup Sophie.

La citation du jour : « Je t’aime »
La chanson du jour : You only want me ‘cause you want my sister, Evelyn Evelyn, « You can’t imagine just how much I miss her »

Même si j’ai l’impression que c’est la première fois que j’en suis si fortement convaincu, la vie est belle !

Le come back des quatre mariages à Notting hill

1

Cher lecteur, jolie lectrice,

Tu vas encore m’en vouloir de t’avoir abandonné plus de deux semaines, mais crois moi, j’ai comme toujours de bonnes raisons (et puis si mes raisons ne te plaisent pas, tant pis, je suis numériquement chez moi ici, namého).

Outre le déménagement imminent dans ma nouvelle maison (avec une emphase sur le *MA*, fini la location !), il m’a quand même fallu le temps de prendre un peu de recul sur ce qui m’arrive en ce moment avant de t’en parler. En effet, je vis actuellement une histoire tellement belle et improbable que même les scénaristes les moins crédibles des films de Hugh Grant la trouveraient tirée par les cheveux, et que je m’attends régulièrement par conséquence à voir surgir Ashton Kutcher ou Marcel Béliveau de derrière un coin de pièce avec toute leur équipe de caméras pour me dire que ha ha ha ils m’ont bien eu et j’ai été trop con d’y croire.

Mais non, toujours pas d’Ashton ni de Marcel, alors plus le temps passe, plus j’ose y croire. Méfiant lecteur, sage lectrice, je te sens douter, alors si je reviens vers toi les yeux pleins de larmes dans un mois, je t’autoriserai un « a-HA ! Je te l’avais dit ! »

Il y a un peu moins d’un mois, j’ai été recontacté par une demoiselle que, sans mentir, j’avais croisé genre trois fois dans ma vie, il y a plus de cinq ans, et plus depuis. Facebook, je suis officiellement un peu réconcilié avec toi, même si t’es toujours moins utile que Twitter hein, quand même. Mais promis, j’arrête de dire (trop) de mal de toi jusqu’à nouvel ordre.

Et de cet événement complètement improbable est survenu une suite tout aussi improbable. Des échanges de messages quotidiens, un partage de passions, des points communs mais aussi des différences qui rendent les échanges riches (par exemple, elle n’aime pas du tout Beigbeder…). Et puis la décision de se (re)voir.

Et s’être (re)vus.

Et cette première re-rencontre tout aussi riche d’échanges. Et renouveler cette re-rencontre. Et toujours nos échanges de messages électroniques, perdant un peu du charme des lettres manuscrites que j’envoyais avant l’ère du numérique, mais tellement plus rapides, les seules à même de satisfaire le junkie de ses mots que je deviens. De ses mots tendres, et de ses sourires en lettres.

Oh bien sûr, entre mon emploi du temps de ministre et le sien (nous sommes tous deux abonnés aux semaines de tropd’heures), il n’est pas forcément simple de se voir autant que je le voudrais. Mais cette souffrance est douce et n’est qu’un prix modique à s’acquitter pour ces rencontres, et sa main dans la mienne qui fait baisser ses yeux par pudeur, et change ses lèvres en sourire…

Il m’est impossible de vous décrire ce qui se passe en moi quand je reçois certains de ses mots si doux. C’est moi l’écrivain de métier, et pourtant c’est elle qui trouve sans cesse le mot juste pour m’émouvoir. Elle me vole mon rôle et c’est moi qui suis pendu à ses lettres, et mes propres mots quand je lui écris me semblent fades face aux siens. Et quand je ressens ces papillons dans mon ventre, je sais que je suis en danger, que je baisse ma garde et lui donne les clefs de mon imperméabilité à la souffrance.

Tenir à quelqu’un, c’est lui donner consciemment les moyens de pouvoir vous faire souffrir, et avoir confiance et espoir qu’ils ne seront pas utilisés. J’ai déposé mes armes à ses pieds. Compatissant lecteur, agréable lectrice, partage avec moi l’espoir qu’elle ne me fasse pas souffrir, et que notre histoire continue à être aussi belle, aussi forte, et aussi improbablement douce que celle des personnages de Hugh Grant et des chansons d’Etienne Daho.

Tant qu’on ne touche pas le sol, rien n’est aussi grisant que la chute libre.

Et sa main dans la mienne.


Etienne Daho – Au commencement

La citation du jour : « Je crois qu’il va me falloir beaucoup de peluches pour compenser tes bras »
La chanson du jour : Au commencement, Etienne Daho, « Depuis la première seconde c’est la magie absolue, je n’attendais vraiment plus personne, j’étais tout seul j’étais perdu… »

Même si baisser ma garde est dangereux, la vie est belle !

Go to Top