Archive for juillet, 2012
‘accuser tout le monde de misogynie ?
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Avant de commencer le fond de cet article, je me dois par honnêteté intellectuelle de préciser que je dispose d’un pénis et d’une paire de testicouilles ce qui, malheureusement (ou pas) risque de décrédibiliser le contenu de mon message aux yeux de certaines militantes féministes (qui ne représentent fort heureusement pas la majorité des féministes, mêmes si elles sont très présentes médiatiquement).
Ce matin, comme tous les matins, je commence ma journée par un tour d’horizon des media et de ce qui se passe dans le monde. L’une des news qui tombe sur mon plateau petit-dej entre ma pomme et mon bol de céréales est si aberrante qu’elle est à la limite de me faire arracher les cheveux. Je peste, la bouche pleine de pétales de mais et de pépites de chocolat, je m’indigne, je retweet. Je ne détaille pas encore cette news pour l’instant pour ne pas gâcher la surprise, j’y reviendrai plus tard, je pose juste le décor (ouais, t’as vu, béat lecteur, impressionnée lectrice, je suis le Spielberg de l’article de blog).
Puis je commence ma journée de bouquinage travail en gardant un oeil sur Twitter.
Et je tombe soudain sur un gazillion de tweets sur un journaliste misogyne ayant agressé une ministre en lui demandant si elle était ministre parce qu’elle était jolie. 95% des tweets reprennent en intitulé le titre de l’article qu’ils link : « Misogynie bonjour : êtes-vous ministre « parce que vous êtes une belle femme » ?« . En lisant les tweets et le titre de l’article, je trouve en effet la question absolument SCANDALEUSE, déplacée venant d’un journaliste professionel, et complètement malpolie.
Puis, j’ai cliqué sur le lien.
Surprise, je me rend compte que cet article et celui ayant failli me faire cracher des bouts de pomme à moitié mâchés ce matin ciblent la même personne… En l’occurrence, la ministre déléguée chargée des PME, de l’Innovation et de l’Economie numérique : Fleur Pellerin. Du coup, je relis attentivement l’article sur la misogynie que, j’avoue, j’avais uniquement survolé (mais j’ai une excuse, comme dit plus tôt j’étais en train de bouquiner travailler), et j’écoute l’interview de ce matin et la fameuse question… jusqu’au bout. Et là je me rend compte que les retweets (et le titre de l’article) tronquent une partie de cette question. Ce qu’à demandé le journaliste (de bout en bout) est « Savez-vous vraiment pourquoi vous avez été choisie ? Parce que vous êtes une belle femme issue de la diversité ? Parce que vous appartenez à une minorité peu visible ? Que vous êtes la preuve de ce qu’est une adoption réussie ? Que vous êtes un signal fort donné aux marchés asiatiques ? Peut-être aussi parce que vous êtes compétente ? Est-ce que vous le savez vraiment ?« . A la première question, on se dit qu’il est misogyne. A la seconde, on se dit qu’en plus, ce con est raciste. Et quand il parle d’adoption réussie et de signal aux marchés asiatiques, on hallucine pendant trente secondes, on se demande ce qu’il a fumé, on se dit que sa question est ABSURDE…
Et là, quand on réfléchit trente secondes, ça fait tilt. Oui, c’est une question absurde. Qui en devient du coup, après réflexion, légitime. En effet, je reviens au début de mon article (tu as vu, assidu lecteur, patiente lectrice, Spielberg, je te dis) parce que l’article qui m’a fait bondir ce matin concerne aussi Fleur Pellerin, et ses déclarations d’hier sur la neutralité du net. Vous pouvez les retrouver dans cet article ==> « Fleur Pellerin annonce la mise à mort de la neutralité du net« . Dans cet article, et dans ses déclarations d’hier aux rencontres de Petrarque, on voit que la ministre ne maitrise absolument pas l’un des dossiers majeurs de l’économie numérique du moment (la neutralité du net, donc), qu’elle se trompe intégralement sur la définition de ce concept (pour le ministre qui doit travailler dessus, ça fait tache) et que là encore, en conséquence, elle semble n’être qu’un pantin fantoche agité devant les caméras et avec le tampon « Made in Government » pour faire propre, mais dont le discours est dicté par les intérêts économiques des gros acteurs industriels français, aux dépens du consommateur et du bon sens. En gros, elle démontre que (comme certains de ses prédécesseurs de droite, hein, pas de teinte partisane de ma part ici, c’est juste que plus ça « change », plus c’est la même chose) c’est une ministre qui ne maitrise absolument pas les concepts du ministère qu’elle représente, et par conséquent il est logique de se poser des questions quant à sa légitimité et sa compétence. Et ça, c’est lié uniquement à ses DÉCLARATIONS, pas à son sexe, son origine, sa religion, ou la marque de ses sous-vêtements.
Que la question du journaliste soit maladroite, je suis le premier à l’admettre. A sa place, j’aurais probablement commencé par les éléments les plus IMPROBABLES à toute question sérieuse (genre le signe aux marchés asiatiques), ou j’en aurais fait 3 caisses de plus (« Parce que vous vous appelez Fleur et que le premier ministre adore les bouquets ? Parce qu’il ne restait plus que ce ministère quand les postes ont été distribués au hasard ? »), mais il semble évident que ce que cherchait surtout à faire ce journaliste, c’était de mettre en question l’incompétence de son interlocutrice au vu de ses déclarations de la veille. Très, très, très maladroitement. D’autant plus que, lourdement partagé sur les réseaux sociaux, ce buzz négatif en vient à totalement noyer l’autre information liée à l’intéressée qui avait commencé à tourner dès hier, et qui me semble autrement plus grave et « digne d’indignation »… Masquer une information grave et inquiétante en faisant beaucoup de bruit sur autre chose ? Attaquer la forme pour surtout, SURTOUT faire oublier le fond ? Check. Ça me rappelle les années Sarko… Et j’avoue que quand je vois une élue de la majorité réclamer la tête du journaliste, ça me fait froid dans le dos et je trouve ça indécent, beaucoup plus indécent que sa maladresse.
A quand un monde où les postes seront distribués en fonction des COMPÉTENCES des candidats, et où les gens seront jugés sur leurs déclarations et leurs actes, indépendamment de leur sexe, de leur couleur, de leurs croyances, de leur orientation sexuelle, ou de leur image ? On peut toujours rêver…
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La citation du jour: « Il faut savoir que quand le sein pousse, le téton gratte ! »
La chanson du jour: As I roved out, Loreena McKennitt, « And who are you, me pretty fair maid, and who are you, me honey? »
Même si j’en connais une paire qui ne vont pas aimer cet article, la vie est belle !
Le mec qui lisait des comics
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Que l’on considère ou non que cela soit un élément essentiel de notre Moi, quelque chose qui nous définit et aide à la construction de notre identité, une immense majorité d’entre nous possède au moins un hobby plus ou moins ostentatoire et connu de notre entourage plus ou moins proche. Si pour ma part beaucoup savent que je pratique les jeux de rôles (sur table) et que j’aime les jeux de combats sur ma PS3, si la lecture de classiques et de romans fait presque partie de mon métier, et donc hors concours, je pense que l’un des hobbies qui me définit le plus au sein de mon cercle de relation est que je suis « le type qui lit des comics« .
Je suis tombé dans le monde des comics américains lorsque j’avais quatre ans, et à part un petit break pendant ma crise de pré-adolescence, cela a été une passion non-stop dans ma vie. A l’heure actuelle, si je revendais ma collection à sa valeur estimée, je pourrais presque rembourser l’intégralité du prêt immobilier avec lequel j’ai acheté ma maison. Je dépense, chaque mois, entre 100 et 200 euros de comics neufs. Et je rachète régulièrement d’anciens numéros et des pièces de collection.
Et pourtant, depuis quelques mois, je remet un peu en question ce hobby qui est le mien. Si j’apprécie toujours la lecture des comics et si je connais mieux la vie de certains personnages que celle de certains membres de ma famille, les évolutions « politiques » du media américain et les choix commerciaux guidant leur ligne éditoriale ont de plus en plus tendance à me prendre à rebrousse-poil et à me rendre frileux du portefeuille. Ou, plus précisément, les décisions éditoriales de Marvel Comics me donnent de plus en plus envie de vomir, et en tout cas de ne plus les soutenir avec mes deniers (pour info, mes dépenses en comics Marvel représentent actuellement 70-75% des 200 euros mensuels sus-cités).
Des éditeurs de comics, Marvel a toujours été le plus « pognon-centrique« , parfois (souvent) aux dépens de leurs propres créateurs (cf Kirby et les autres, l’absence de clin d’oeil aux créateurs – sans même parler de petit chèque ! – dans les dernières superproductions hollywoodiennes ayant toutes rapporté des MILLIONS de dollars), et cette tendance va en accélérant depuis dix ans, sans doute par peur de la faillite après avoir frôlé la banqueroute dans les années 90.
Néanmoins depuis un an en moyenne, cette tendance s’accélère encore, comme si nous avions atteint un certain point de non-retour dans une courbe à croissance exponentielle. Les prix de la majorité des titres ont été gonflés d’un dollar. Une hausse représentant +30-35% par fascicule par rapport au prix précédent. Comme si cela ne suffisait pas, la plupart des « gros » titres (Avengers, X-Men, et leurs nombreuses séries dérivées) sortent maintenant à un rythme quasi bimensuel, nous sommes passés de 12 à 20 numéros par an. Si la qualité des histoires le justifiait, passe encore, mais là, la plupart des séries sont passées d’un budget mensuel de 3 euros à un budget mensuel de 8 euros pour des histoires devenues horriblement diluées par le nombre de pages, répétitives, et aux dialogues discutables. Il y a toujours d’excellentes séries (Invincible Iron Man) ou séries limitées (Children’s Crusade, ou Punisher MAX, énorme et agréable surprise alors que je ne suis pas particulièrement fan du personnage) mais ce sont malheureusement devenues de rares exceptions plutôt que la norme. Même les auteurs « stars » de chez Marvel (Fraction, Bendis, Brubaker…) produisent maintenant tellement de pages par mois que leur écriture est devenu mécanique et lisse, insipide dans 9 comics sur 10 qu’ils produisent.
Autre chose qui me chiffonne, Marvel tente de surfer sur le succès de leurs films en tordant la continuité de leur univers papier pour que ce dernier se conforme plus à celui des blockbusters hollywoodiens. Si le changement du costume iconique de Hawkeye est déjà très mal passé, c’est leur pirouette absolument débile pour introduire dans l’univers Marvel « normal » un Nick Fury black, borgne, ressemblant à Samuel Lee Jackson pour replacer le « vrai » Nick Fury, et avoir le culot de l’appeler AUSSI… « Nick Fury »… qui a été la goutte d’eau de la crédibilité.
Bref, face à ce constat, depuis plusieurs mois je suis tiraillé entre l’envie de « sanctionner » Marvel pour leurs choix débiles, de ne plus dépenser d’argent pour soutenir une entreprise dont je désapprouve les choix, et mon côté collectionneur qui ne veut pas mettre un terme à certaines séries que je suis fidèlement depuis plus de 25 ans.
Et puis, « Marvel NOW! ».
Il y a un an, DC Comics a lancé une bombe dans le milieu en se servant de leur gros évènement en date, « Flashpoint », pour remettre à zéro (ou presque) leur univers. Ce n’est pas inhabituel pour DC, abonné depuis les années 80 et le fameux « Crisis on infinite earth » à ces méga crossovers chamboulant leur continuité. En revanche, ce qui a changé, c’est leur manière de le gérer, en remettant TOUT à plat et en recommençant au numéro 1 l’intégralité de leurs séries, y compris les iconiques et « increvables » Batman, Superman, Action Comics et Detective Comics. Ce coup de poker a porté ses fruits, tout le monde en a parlé dans les media, de nombreux anciens lecteurs sont revenus (avec QUELQUES nouveaux lecteurs, mais malheureusement pas beaucoup) et DC a pour la première fois depuis loooooooongtemps repris la tête des ventes (et du buzz!) à Marvel. Et si, à titre personnel, j’ai été déçu de la disparition de certains titres ou personnages (Stephanie Brown!!!), je dois reconnaitre que la qualité des productions est largement au dessus de celle des titres pré-Flashpoint, et que l’essai a été transformé pour la plupart des séries et des personnages.
Du coup, un an plus tard, ça ne rate pas, après diverses tentatives ratées de Marvel de reprendre la tête du buzz (la fin injustifiée et incompréhensible d’Uncanny X-Men par exemple), les studios lancent « Marvel NOW! » où, sur trois mois, la plupart des séries phare du groupe (Captain America, Avengers, Iron Man, Thor, Fantastic Four, et même le nouveau titre Uncanny X-Men lancé il y a moins d’un an, que c’est intelligent!) vont être arrêtées et relancées avec un numéro 1 et une adaptation de la continuité. Oh, tiens, ça me rappelle quelque chose. Sauf que là où l’initiative de DC comics était culottée et EXACTEMENT ce dont le marché avait besoin l’an dernier, Marvel NOW! apparait comme une tentative a peine voilée de surfer sur le succès de DC d’un ensemble de créateurs qui ne sait plus quoi faire pour se rendre intéressants.
Marvel NOW! aura donc tranché pour moi et me fournit une excuse pour faire ce que je n’osais pas faire : arrêter de leur donner tant d’argent pour des productions de qualité médiocre et des gimmicks tire-pognon. Je ne rachèterai aucune des nouvelles séries relancées, et je vais en profiter pour arrêter également la plupart des autres. Je vais concentrer mon budget comics sur les productions de qualité de chez DC comics ou des autres indépendants qui ont certainement plus besoin de mes deniers que Marvel (pour qui de plus en plus l’activité papier n’est plus qu’un « tremplin à films » plutôt qu’une véritable oeuvre de divertissement à part entière). Une page se tourne, Marvel c’est peut être « NOW! », mais ça sera now sans moi.
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La citation du jour: « Ça manque de cimetière, là, dans le jardin, tu ne trouves pas ? »
La chanson du jour: Want it back, Amanda Palmer, « Hearts on a string like an older fashioned phone can »
Même si ça me fait quand même un peu mal au coeur, la vie est belle!