Archive for mai, 2011
Cachez ce commerce du sexe que je ne saurais voir…
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Si je n’ai jamais écrit d’article complet sur la thématique des travailleurs et travailleuses du sexe, j’ai déjà abordé le sujet ça et là au fil des ans sur le blog et dans les commentaires d’autres sites que j’ai pu fréquenter lorsqu’un article m’a fait réagir sur le sujet. J’ai toujours eu un profond respect et une grande admiration pour celles et ceux qui ont fait ce choix de carrière, qu’ils soient gogo dancers ou qu’elles soient escortes de luxe. Note : je parle bien des gens qui font ces métiers par choix, et pas des victimes de l’esclavage moderne et du recel de corps. Si la proportion de ceux et celles qui souffrent d’une telle situation est fort heureusement en baisse par rapport aux autres (surtout dû à l’augmentation de l’offre), ce n’est pas une raison pour ne plus les défendre.
Mais là n’est pas le sujet de cet article. J’ai tendance à être attristé (voire courroucé) par la législation française autour de cette thématique, notamment vis à vis de la prostitution. Il est possible d’argumenter que la France reste sur ce sujet, comme sur beaucoup d’autres, l’un des pays les plus répressifs et aux lois les plus stupides parmi les pays dits développés. Et si les mentalités de l’opinion publique évoluent, si on entend même les media parler d’études sur les réouvertures de maisons closes, etc. en pratique la loi, elle, va en se durcissant et derrière les belles paroles et les classiques « oh les pauvres il faut les défendre » rend en pratique leur vie de plus en plus difficile (lois anti racolage et autre mesures augmentant la précarité des prostitué(e)s, diminuant leur sécurité physique, et n’étant au final qu’une politique de l’autruche. Comme je le dit souvent, ce n’est pas parce qu’on éteint la télévision quand les journaux parlent de la guerre qu’il y a soudainement la paix dans le monde).
L’un des aspects du Code Pénal n’ayant pas su, là encore, s’adapter à l’évolution du monde, est la loi sur le proxénétisme. L’élément déclencheur de cette réflexion et de cet article est un reportage déniché sur l’iPad par ma fiancée abordant de nombreux sujets sur le commerce du sexe. Dans l’un des reportages-dans-le-reportage, on y voit un gendarme tout fier d’expliquer que la loi a su s’adapter à l’ère numérique, et qu’aider la commercialisation du sexe sur Internet est aussi considéré comme proxénétisme maintenant. Il s’empresse alors de démontrer cette affirmation pour les caméras en arrêtant avec le même air tout fier un bonhomme cinquantenaire qui avait monté un site où les escortes pouvaient déposer leurs annonces pour trouver des clients.
Génial non ? Bin non, justement, c’est le genre de choses qui me met hors de moi. La loi contre le proxénétisme est une bonne chose dans le contexte de la prostitution de rue, principalement pour contrer les exploitants, les macs qui abusent de la fragilité des travailleurs et travailleuses du sexe pour s’accaparer une part (souvent indécente) de leurs revenus. C’est du racket, et ça, c’est bien qu’il y ait des lois contre. Mais là, on voit les limites de la loi mise dans les mains des pseudo moralisateurs à deux balles, et de son côté brute : une loi c’est une massue, pas un scalpel, donc il faut la cadrer très précisément pour éviter les débordements. Ici, toute personne aidant une prostituée ou lui fournissant un service dans le cadre de son travail est un proxénète. Créer un réseau social payant pour prostitué(e)s ? Proxénétisme. Leur créer un site web pour les aider à se présenter ? Proxénétisme. C’est quand même dingue, à l’heure du numérique, je trouve. On ne parle pas ici d’un individu louche et violant usant de force pour soutirer de l’argent à des personnes faibles, mais d’entrepreneurs offrant un service numérique qui ont le malheur soit de choisir le domaine du sexe pour se spécialiser, soit tout simplement de ne pas refuser un client juste en fonction de son métier (qui, rappelons le pour la prostitution, est un métier censé être légal en France, oui, je sais, on ne dirait pas…). Techniquement, même les associations de soutien aux prostitué(e)s qui leur distribuent des soupes sur les trottoir sont des proxénètes. Mais fort heureusement, ces associations ne sont pas poursuivies (en général), disposant d’une « immunité de bon sens »… mais le développeur web, lui, il n’a pas cette chance, même s’il aime beaucoup la soupe.
En quoi est-ce répréhensible de ne pas filtrer ses clients en fonction de leur activité, pour un entrepreneur ? En quoi est-ce répréhensible de ne pas admettre la discrimination de métier ? Sous des prétextes fallacieux de morale ? Il y a des dizaines de métiers qui méritent beaucoup moins de respect que celui ci, en tout cas à mes yeux. Et c’est encore une manière de chercher à faire disparaître du regard d’autrui la réalité du marché du sexe, méthode de l’autruche. Imaginez un peu s’il était interdit d’offrir des services d’hébergement ou de création de sites aux vendeurs de peluches, par exemple. Et si les contrevenants à cette interdiction allaient en prison ? Pour un créateur de sites, il n’y a pas de différence technique entre créer un site pour vendre des peluches et créer un site pour vendre des services intimes. Et pourtant, dans le second cas de figure, notre développeur devient un proxénète. Ce genre de raccourcis me met hors de moi, tant pour le développeur (qui doit donc potentiellement, pour rester en règle, refuser des clients juste au vu de leur activité, même lorsque cette activité est légale hein, on ne parle pas de sites de vente de cocaïne à prix de gros) que pour les travailleurs et travailleuses du sexe qui voient de facto diminuer leur capacité d’accéder à des services pouvant les aider dans leur travail, services accessibles légalement pour à peu près toutes les autres professions.
En conclusion, nous sommes là encore en présence de l’effet media, où on va claironner au nom de la morale et de la défense des faibles le vote de lois répressives, archaïques et surtout inefficaces. Non, pire qu’inefficaces : contre-productives. Ces lois censées défendre les faibles et les prostitué(e)s exploitées par autrui n’ont non seulement aucun effet dans ce sens (tout aussi inefficace que les listes noires de la LOPPSI pour stopper la pédopornographie) mais ont un effet délétère sur les conditions de travail et la vie de tous les jours de ceux et celles qui font ce métier par choix et qui, contrairement aux idées reçues, sont aujourd’hui majoritaires dans le milieu, une raison supplémentaire de les respecter puisque continuer à vouloir faire ce métier malgré les campagnes de peine de merde dans les media en France, cela demande beaucoup de courage.
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La citation du jour: « Changer une loi c’est ouvrir des portes »
La chanson du jour: Roxanne, Police, « Walk the streets for money, You don’t care if it’s wrong or if it’s right »
Même si je vais avoir un public funky en provenance des moteurs de recherche vu les mots clefs, la vie est belle !
TotN Comics Review: Semaine du Mercredi 11 Mai 2011
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Le comic book de la semaine: New Mutants #25, Marvel Comics (Dan Abnett & Andy Lanning – writers – / Leandro Fernandez – art –)
Depuis que Marvel a relancé cette série en se concentrant sur une bonne partie des personnages originaux de la première série New Mutants, cette dernière est restée relativement « transparente » pour le reste du X-Universe. Sans être complètement en mode sandbox, les répercutions des évènements de cette série ne sont pas particulièrement mises en avant dans les séries de base comme Uncanny ou New X-Men (un peu à la façon du X-Factor de Peter David). C’est un choix commercialement risqué (peu d’effet de bord de ventes provenant des autres titres) mais souvent le contenu scénaristique n’en est que meilleur, et c’est le cas ici.
On y voit à nouveau la facette « sombre » de Cyclops prêt à prendre les décisions difficiles (quitte à manipuler son petit monde) pour faire fonctionner l’écosystème d’Utopia. C’est le cas ici, où il gère le « problème » Illyanna suite à son comportement des mois précédents dans le titre. La réaction de cette dernière est froide et logique, complètement dans le ton du personnage depuis son retour, et les diverses scènes mises en parallèle accentuent le pathos de la situation. Très bien vu.
Développement riche et cohérent des personnages, c’est le cocktail qui a séduit les lecteurs d’X-Factor, et la recette est la même ici. La relation bancale et maladroite entre Danielle et Sam est, là encore, totalement dans le ton. Enfin, j’aime beaucoup la backup story où l’on découvre le sort d’un des personnages de seconde zone de Marvel: X-Man, le gimmick vendeur récupéré d’Age of Apocalypse qui avait fini par ne plus être vendeur du tout et avait été tout bonnement mis au placard par Marvel. Il est encore plein de poussière quand ils le ressortent ici, mais l’histoire est efficace et donne envie d’en savoir plus (malgré un arrière goût de déjà lu après le premier story arc de la nouvelle série Heroes for Hire, un peu dans le même thème).
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La valeur sure de la semaine: Birds of Prey #12, DC Comics (Gail Simone – writer – / Jesus Saiz – artist –)
Une autre série découverte sur iPad que j’achète depuis religieusement chaque mois. Si le gros point faible de la série reste l’instabilité graphique (ce n’est pas un comic book de premier plan pour DC, et du coup le dessinateur change régulièrement et les vraiment bons sont souvent affectés rapidement à des titres plus glamour), son point fort est au contraire la solide cohérence des scenarii de Gail Simone. La sensibilité très féminine de sa plume permet à cette série dont tous les héros (sauf un) sont des héroïnes de ne pas tomber dans le cliché des poupées monodimensionnelles que l’on peut malheureusement subir avec récurrence dans l’univers plein de testostérone des super héros.
Après un story arc sur le passé trouble de Black Canary, et un numéro magistral le mois dernier sur la relation entre Huntress et Cat-man, BoP#13 lance un nouveau story arc qui joue sur les particularités de cette série: des héros à la dimension humaine (école Batman, pas école Superman, malgré la présence de Hawk & Dove), et des « méchants » à dimension humaine également. Il y a un peu de Brubaker dans le style un peu espionnage de l’écriture de Gail Simone sur ce numéro et ce n’est pas déplaisant, bien au contraire.
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La bonne surprise de la semaine: Secret Avengers #12.1, Marvel Comics (Nick Spencer – writer – / Scot Eaton – penciler –)
Je partais avec un a-priori plutôt négatif à la lecture de ce numéro. Sorti du premier story-arc, et en dépit d’un roster fait pour me plaire (Steve Rogers, Moon Knight et Valkyrie, for fuck’s sake!!!), cette série n’a jamais vraiment décollé et le niveau était plutôt moyen-moins. En ajoutant à cela le programme « numéro XX.1 » lancé par Marvel le mois dernier qui s’est avéré plutôt mauvais et mal implémenté en moyenne, je m’attendais à être encore déçu.
Eh bien non, au contraire. Ce #12.1 est exactement ce qu’aurait dû être, en théorie, le programme XX.1 chez Marvel: un point de départ, un tremplin à nouveaux lecteurs pour la série. C’est un gros flop dans la plupart des autres XX.1 sortis (le pire étant probablement le XX.1 de Spiderman concentré sur… le nouveau Venom), mais c’est très réussi ici. On y voit tous les personnages de l’équipe avec leurs spécificités, et le scénario colle à une charte sombre et ambigüe qui aurait dû, là encore en théorie, être celle de cette série depuis le début. Cela n’a pas toujours été le cas, espérons que ce numéro ne sera pas l’exception qui confirme la règle.
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La déception de la semaine: Flashpoint #1, DC Comics (Geoff Johns – writer – / Andy Kubert – artist –)
Geoff Johns est un peu le Brian Michael Bendis de DC Comics: un auteur loué par la critique ayant grappillé de plus en plus d’influence dans le staff de la maison d’édition. En revanche, il semble avoir quelques problèmes à tenir ses deadlines, peut être à vouloir trop en faire… Bref. Flashpoint est visiblement une tentative de surfer sur le succès de Blackest Night/Brightest Day avec cette fois Flash en personnage principal. Meh. Très subjectivement, je n’ai jamais compris l’intérêt de ce personnage, mais je n’ai jamais aimé les speedsters.
Après lecture, on se rend compte que ce n’est pas vraiment une nouvelle mouture de Blackest Night que nous a pondu Geoff Johns, ni même une énième Crisis. Non, c’est plutôt « DC Comics presents: leur version de Age of Apocalypse« . De l’hommage inspiré au plagiat, il n’y a qu’un pas. Les jolis dessins d’Andy Kubert ne suffisent pas à relever le niveau de cette soupe où oh my god le méchant va dans le passé et oh my god il change un évènement mineur et oh my god toute la réalité du DC Universe est modifiée en conséquence… Yawn. Je vais me coucher, réveillez moi quand cette série devient intéressante ou originale…
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Le reste des bons trucs, en vrac: Astonishing X-Men #37 (Marvel Comics), Daken – Dark Wolverine #9 (Marvel Comics), Fear Itself – Youth in Revolt #1 (Marvel Comics), FF #3 (Marvel Comics), Journey into Mystery #623 (Marvel Comics), Punisher MAX #13 (Marvel Comics), X-Men Legacy #248 (Marvel Comics)
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La citation du jour: « Je ne sais pas si vous avez fait l’album Disney, avant, mais il était plus facile à compléter »
La chanson du jour: Hells Bells, AC/DC, « I’ll give you black sensations up and down your spine, If you’re into evil you’re a friend of mine »
Même si je ne vous ai pas encore donné des nouvelles sur mon rythme Everyman, la vie est belle !
Movie Review: La Conquête – Petit mais costaud
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Difficile de passer à côté du buzz cinéma du moment: le film de Xavier Durringer sur l’ascension au pouvoir de l’actuel président de la république. On pouvait s’attendre au pire, un film avec un tel thème pouvant aisément tomber soit dans la critique facile et caricaturale, soit dans une ode dithyrambique visant à flatter l’égo ce celui qui en a un plus gros que sa taille. Cette docu-fiction (avec le mot fiction mis bien en avant dès le début du film, sans doute pour se couvrir) évite élégamment ces deux écueils et nous livre une fresque réaliste et objective sur un homme avide de reconnaissance et de pouvoir et prêt à tout pour les obtenir.
Beaucoup de journalistes affirmaient avec détour que Sarkozy avait « peur » de la sortie de ce film un an avant la campagne de 2012. Si c’est bel est bien le cas, je pense que cette peur était tout a fait légitime au vu de l’image du candidat Sarkozy apportée par ce film: susceptible, impulsif, au sang chaud, le Sarkozy du film n’hésite pas une seule seconde à trahir son propre camp, à manipuler l’opinion, à organiser des sorties théâtrales, à donner des ordres à la presse, et à jouer des effets d’annonce où la forme compte plus que le fond, aucune promesse n’étant formulée avec le véritable désir de la tenir. En bref, le Sarkozy du film ressemble à s’y méprendre au Sarkozy de la vraie vie tel qu’il est connu des media et des analystes politiques (et de tout internaute s’intéressant un minimum au sujet), le Sarkozy de façade ne trompant plus guère que les classes les moins cultivées ou informées de la population française (malheureusement une majorité des électeurs non-absentéistes), et de ce point de vue ce film peut en effet être « dangereux » pour le camp de Sarkozy en 2012 si ces gens encore bercés par ses belles paroles réussissent, à travers ce film, à percevoir l’envers du décor, le fameux « off » qui fait buzzer les rédactions.
Tout odieux et manipulateur soit il, ce film montre également ce qui a permit au candidat Sarkozy de devenir le président Sarkozy : son talent, principalement de gestionnaire d’image. Qu’on l’aime ou pas (fidèle lecteur, régulière lectrice, tu sais que je me case plutôt dans le camp des « pas« ), il est en tout objectivité impossible de ne pas reconnaitre son art de la guerre politique. Sarkozy est un peu le Sun Tzu de la politique française, en cela qu’il est un stratège hors pair et qu’il a redéfini les règles de la guerre, politique dans son cas. Et cela, le film le retranscrit également avec brio. Comme on peut l’entendre autour de la table des Chirac, « il a du talent, le p’tit ». Cette fidèle retranscription est d’ailleurs ce qui m’a rendu le film appréciable : tous les personnages sont traités avec la même déférence et fidélité vis à vis des personnes réelles qu’ils représentent. Je tire notamment mon chapeau aux acteurs jouant Villepin et Chirac, plus vrais que nature en numéro deux évincé par avoir trop voulu jouer avec les règles de la politique des années 90, et en chef de l’état sympathique et nature mais usé et fatigué par trop de combats politiques et une France qui ne le comprend plus, et qu’il ne comprend plus.
Un film à voir, donc, et à conseiller à votre entourage, surtout ceux qui pourraient avoir envie de voter Sarkozy en 2012, histoire de les faire réfléchir, un peu, et d’éviter de faire de notre petit président le George W. Bush français, un président qui laisserait dans l’histoire la marque des pires années et des pires décisions politiques prises de mémoire d’homme, et malgré cela réélu par un peuple qui aime tant être dans la peau du mouton.
Ma note: 7/10
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La citation du jour: « Tout va bien. Il m’a déclaré sa loyauté je ne l’ai pas cru, je lui ai souhaité bonne chance pour l’UMP et il ne m’a pas cru non plus ».
La chanson du jour: Gimme more, Britney Spears, « Gimme gimme more, gimme more, gimme gimme more, the center of attention »
Même si 2012 approche et que les candidatures crédibles&intéressantes se font toujours attendre, la vie est belle !
»aimer
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L’histoire en quelques paragraphes: Ici, ce n’est pas « l’histoire » mais « les histoires« . Recueil de 23 micro nouvelles de 2 à 10 pages, le seul thème récurrent est celui de l’amour, décliné sous autant de variations plus dérangeantes et malsaines les unes que les autres, mais amour tout de même. Inceste, kidnappings, violences conjugales, rien n’échappe à la plume de Castillon pour nous mettre mal à l’aise. Mention spéciale aux nouvelles « Une araignée au plafond » (qui parle de famille et d’amants mystérieux), « La prunelle de mon oeil » (un genre de syndrome de Stockholm pour un homme abusé par une femme trop jalouse), « Corvée de liberté » (sur les violences en mode passif agressif), Petite femme (nouvelle horrible sur un kidnapping) et « Thérèse décline » qui est à peu près la seule nouvelle du recueil à se terminer sur une note plutôt positive et légère.
La note et l’avis du baron: 8 étoiles sur 10. Je n’avais jamais lu Claire Castillon avant ce recueil. Ma curiosité piquée par une bonne critique dans Lire et par ce titre que je trouvais fabuleux, j’avais mis cet ouvrage dans ma wishlist et lorsqu’on me l’a offert (merci Karen) j’avais tout oublié du « pitch ». Du coup, les premières nouvelles ont été un choc, avant que je ne me glisse dans l’ambiance. Les nouvelles sont très bien écrites, le vocabulaire est dense mais agréable (quoi qu’un peu « médical » sur certaines nouvelles), et Castillon tisse avec brio une toile très large autour du spectre des dérives de l’amour. Car il y a de l’amour, indéniable, intense, dans chacune de ces nouvelles, mais c’est un amour perverti, malsain, malade. Ici, amour ne rime pas forcément avec bonheur ou avec toujours, un peu comme dans la vraie vie, en somme. En pire. Quoique… C’est le caractère réaliste de chacune de ces nouvelles (aussi extravagantes soient elles dans leurs travers) qui les rend si délicieusement dérangeantes. Parce qu’on se dit tout haut que cela n’arrive que dans les livres. Mais qu’on sait tout bas que la réalité, souvent, peut être bien plus cruelle que la fiction. Alors on continue à lire, et on espère ne jamais être l’un des protagonistes de ces nouvelles aux idées noires.
Morceaux choisis:
- Dire que certaines jeunes femmes ont la chance de rencontrer de vrais princes charmants. Moi, je dois tout lui expliquer. Des fleurs de temps à autre, un cadeau à l’occasion de rien. Je commence à en avoir assez de réclamer. Moi qui aspirais tant à être muse, je passe pour une insatisfaite, et c’est de sa faute.
- J’ai bien assez avec les bons mots de mon mari pour ne pas m’imposer une descendance.
- Je vais mourir, je veux te détruire, j’ai envie de te salir.
- Je n’aimerais pas que son hobby le détourne de notre couple.
- Un brancardier arrive, s’empare du lit mobile de la femme au coeur blessé. Il est temps de la descendre et de le lui arracher.
- On est là, face à face. Et ce n’est pas ma photo qu’il embrasse.
Informations complémentaires:
- Parution 2007
- ISBN 978-2-253-12258-6 (edition Le Livre de Poche, 2008)
- Langue d’écriture: Français
- * Dernière lecture par le baron: 20 Mai 2011
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La citation du jour: « Paul, sept ans et demi! »
La chanson du jour: Nuit blanche, Renan Luce, « J’aim’rais t’greffer les bras d’Morphée pour m’y blottir et enfin dormir »
Même si je pique du nez, la vie est belle !
TotN Comics Review: Semaine du Mercredi 4 Mai 2011
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Le comic book de la semaine: Moon Knight #1, Marvel Comics (Brian Michael Bendis – writer – / Alex Maleev – artist -)
Avant de dire quoi que ce soit sur ce comic book, je dois avouer que je suis forcément partial dans ma critique : Moon Knight fait partie de mes héros favoris chez Marvel (j’aime beaucoup les héros « secondaires » de leur écurie en général… Mon favori étant le Doctor Strange) et forcément lorsque cette nouvelle série a été annoncée, je l’attendais au tournant. Mon verdict ? Mitigé.
Il y a du bon et du moins bon dans cette énième tentative de rendre Moon Knight commercialement viable. Déjà, il s’agit d’un nouveau « projet marotte » de Bendis donc, si vous avez suivi ce que j’ai écrit la semaine dernière, cela veut dire que le scénario est bon et/ou original, que ce n’est pas un projet alimentaire comme Avengers. Et en effet, le pitch de base est l’interprétation de Moon Knight selon Bendis sont un cocktail réussi, le personnage est complexe et intéressant, la chute est très bien pensée, et on joue sur une certaine ambivalence psychologique qui a toujours été l’un des points forts de l’écriture de Bendis au mieux de sa forme.
Oui, mais.
Oui, mais mitigé, car ce personnage a beau être intéressant… ce n’est pas Moon Knight. En tout cas pas le Moon Knight tel que je l’apprécie. Cette histoire aurait été fantastique dans l’univers Ultimate ou tout autre univers parallèle avec une étiquette Marvel Max, mais ici Bendis développe et empire les dérives insensées des derniers scénaristes sur la version précédente de la série (qui ont, a mon goût, causé sa perte). Et même si selon le vice président de Marvel, un lecteur en colère est un meilleur client qu’un lecteur content ou neutre, le boost immédiat des ventes ne compense pas la lente érosion des clients fidèles. Du coup, en cinq ou six ans, Moon Knight est passé du statut d’antihéro ambigu serviteur d’une divinité égyptienne (le Moon Knight dont j’étais fan) à un héros malgré lui psychologiquement instable et vivant au rythme de ses délusions (un personnage de fiction intéressant mais… C’est pas Moon Knight !)
Le dessin de Maleev est un peu en dessous de sa production actuelle, mais reste à un niveau acceptable et en phase avec son style particulier.
En résumé, le dessin est sympa et l’histoire est originale (la chute est vraiment, vraiment très bien) mais contribue encore à la déconstruction d’un héros qui me plaisait bien tel quel. Malgré cet arrière goût amer, Moon Knight #1 est indiscutablement le comic book de la semaine!
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La valeur sure de la semaine: Power Girl #23, DC Comics (Judd Winick – writer – / Sami Basri – artist –)
Power Girl fait partie de ces comics que je n’aurais probablement JAMAIS lu avant l’arrivée de l’iPad dans ma vie. Je ne connaissais le personnage que via la JLI des années 90, et j’en gardais un souvenir d’une héroïne insipide dont le super pouvoir le plus évident semblait la capacité à tenir debout malgré une poitrine hautement improbable (et en plus j’ai toujours préféré les petits seins). La capacité de tester sur l’iPad combinée à de très bonnes critiques sur le web m’ont amené à y plonger le regard distraitement… et le poisson a été ferré. Un style graphique cohérent (et stable de numéro en numéro, ce qui devient rare chez DC), mais surtout un comic book frais et léger, très bien écrit, sachant être à la fois drôle et émouvant. J’achète depuis chaque numéro religieusement chaque mois. Il serait dommage de passer à côté de cette série ! (en bonus : un caméo de Zatanna dans ce numéro, love.)
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La bonne surprise de la semaine: Weird Worlds #5 (Tanga), DC Comics, (Kevin Maguire – story and art –)
Cette mini-série est vendue principalement avec le personnage de Lobo, qui est l’un des protagonistes de ces comics books divisés en trois chapitres se concentrant chacun sur un personnage, sorte de mini-mini-séries. Celle qui est surtout intéressante ici c’est la dernière, celle de Tanga, une alien relativement puissante avec un air blasé et un sens de l’humour décapant. Je ne connaissais absolument pas ce personnage avant de lire Weird Worlds, mais je continue à être agréablement surpris par le cocktail mitonné par Kevin Maguire. Le reste du comic et les deux autres séries sont, quant à elles, sans grand intérêt.
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La déception de la semaine: Captain America: Hail Hydra #5, Marvel Comics (Jonathan Maberry – writer – / Graham Nolan – artist –)
Ouf. Enfin finie. Cette mini série partait sur un concept sympathique, avait un potentiel racoleur au vu de l’imminence du film de Captain America, mais comme beaucoup de limited series chez Marvel en ce moment la qualité n’est pas au rendez vous, et le niveau global réussit même à baisser d’un numéro à l’autre (au même rythme que les clients). Au programme de cette bouse, des méchants nazi zombies, une réinterprétation complètement DÉBILE de nombreux éléments du canon, un script lamentable et des dessins de plus en plus bâclés au fil des numéros. C’était le dernier. Ouf.
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Le reste des bons trucs, en vrac: Action Comics #900 (DC Comics), Astonishing Thor #4 (Marvel Comics), Avengers Academy #13 (Marvel Comics), Carnage #4 (Marvel Comics), Herc #2 (Marvel Comics), Heroes for Hire #6 (Marvel Comics), The Boys #54 (Dynamite), Wolverine / Hercules – Myths, Monsters & Mutants #3 (Marvel Comics)
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La citation du jour: « C’est trop bizarre comme sensation quand on se frotte le ventre. Non mais écoutes la sensation !!! »
La chanson du jour: Bend & Break, Keane, « If only I don’t suffocate, I’ll meet you in the morning when you wake »
Même si j’ai raté une sieste, la vie est belle !
Le goût des mots
1Lors de ma tournée matinale des blogs, je tombe sur cette question en l’air lancée par l’auteur de « les libraires se cachent pour mourir » : Quel est votre premier vrai souvenir de lecture?
Il n’y en a pas un, mais trois particulièrement marquants qui m’ont, je pense, défini en tant que lecteur. Fidèle lecteur, jolie lectrice, je suppose que tu ne seras pas surpris d’apprendre que mon premier « vrai » souvenir de lecture est une lecture de comic book (bien qu’en français, à l’époque, du coup). J’ai quatre ans, et dans moins d’un mois, ce sera mon anniversaire. Et comme beaucoup de petits garçons de quatre ans, je suis une épreuve du quotidien pour la patience de ma mère et de mon entourage. J’étais un petit garçon très capricieux avant cette première rencontre avec la lecture, et comme je ne savais pas encore m’occuper seul, je voulais qu’on s’occupe de moi. Je me souviens distinctement de cet arrêt dans une station service (du temps où le prix au litre, en francs, ne devait pas être loin des mêmes chiffres que le prix actuel en euros). Il y a beaucoup de monde dans la station, en ce jour de juin, et moi je n’aime pas attendre. Je pique donc une crise dans la station service, outré probablement que le monde entier ne s’intéresse pas à MOI. Et là, au lieu de me mettre une voiture mécanique dans les mains ou de me fourrer un bonbon dans la bouche, ma mère me tend « une bédé ». Strange N°174, du temps où les comics Marvel étaient (mal) traduits par les éditions Lug, avec Iron Man et Machine Man en couverture. Dedans, « L’Homme-Araignée » se bat contre un monstre qui ressemble à un gros paté de sable (une fusion entre Hydroman et Sandman « l’Homme-Sable »). Un aveugle déguisé en diable se bat contre des « méchants » pendant qu’une dame ninja en ROUGE fait de même en parallèle dans un autre entrepôt. Je suis fasciné. Ce livre, non seulement il y a des images, mais en plus il se passe des trucs (on est loin de Martine joue à Ainsi-Font-Font-Font), c’est comme un dessin animé sans avoir besoin d’allumer la télé. Et en plus j’apprends à lire (et je n’en suis pas peu fier, un an ou deux avant l’âge où ça devient obligatoire). Du coup, voyant que je ne pipe pas un mot avec le périodique dans les mains, ma mère a dû en payer le prix (8 francs et 10 centimes) les yeux fermés, peu cher pour un peu de calme. C’est là que mes caprices de petits enfants se sont un peu modifiés : plutôt que de réclamer des voitures ou un chapeau de cow boy, je réclamais mes « Strange ». Les « quatre fantastiques » par Kirby, et surtout les « nouveaux X-Men » dans Spécial Strange (le premier que j’ai eu en main c’est la traduction de Days of Future Past dans Spécial Strange 36, vous imaginez le choc !). Ma mère ou ma grand mère m’aidaient à les lire au début, mais je pense que la motivation d’être autonome avec mes comics a laaaaargement contribué a ma motivation à apprendre à lire VITE.
Le second souvenir marquant fut la transition vers des livres sans images. Mon père surtout, grand amateur de livres, devait désespérer de me voir me concentrer exclusivement sur « mes conneries » (son petit nom pour les comic books, encore à ce jour). Et il a essayé de me faire lire autre chose. Il négociait ses faveurs: si je me choisissais un « vrai » livre chez le bouquiniste-du-coin, j’avais le droit de prendre aussi quelques « conneries ». Mais il surveillerait le fait que je lise AUSSI les « vrais » livres. Alors j’en choisissais des petits, des fins, que je lisais en diagonale avant de me jeter sur le dernier Spidey ou le Strange Spécial Origines que j’avais réussi à mendier. Et puis un jour (là, le souvenir est moins précis… j’avais sept ans ? Huit ?) je suis tombé sur deux auteurs qui m’ont plu, mais VRAIMENT plu, même sans les images: Jules Verne et Agatha Christie. Curieusement, j’aurais énormément de mal à les relire aujourd’hui, étant relativement « mauvais client » de livres fantastiques/anticipation/sf et de polars maintenant. Mais à l’époque j’étais conquis, et j’ai dévoré tout Verne (mon père avait l’intégrale dans une jolie collection) et énormément de livres de Christie (Dix Petits Nègres qui m’a énormément marqué dans mon enfance, et tous les Hercule Poirot). Et pendant de nombreuses années, j’ai continué à lire des comics, mais je prenais également du plaisir à lire des livres sans images, même si j’étais principalement lecteur de fantastique à l’époque (les tomes des fourmis de Werber au rythme de leurs sorties, les gros pavés du cycle de Dune, etc.).
Le troisième et dernier souvenir marquant ayant forgé mon caractère de lecteur remonte à mon adolescence. Si j’avais entre temps ajouté beaucoup de poésie à mes lectures fantastique (Verlaine, Rimbaud, Poe, Byron et, obviously, Baudelaire), les romans que je lisait à l’époque avaient peu évolué en termes de style ou de thème. Et tomber sur des bouses infâmes comme l’Assomoir de Zola ou l’Or de Cendrars dans les lectures obligatoires des cours de français ne m’encourageait guère à passer à un registre plus « classique ». Mais en fin de troisième, juste avant les vacances, je me suis intéressé à un livre particulier par accident. En effet, dans la salle des cours de dessin, notre professeur avait recouvert les murs de… dessins (non, DÉCONNE???) mais aussi d’affiches de films, dont l’Effrontée avec Charlotte Gainsbourg, Noce Blanche avec Vanessa Paradis et… Les lunettes en coeur du Lolita de Kubrick (ce qui, je m’en rends compte aujourd’hui en écrivant ces lignes, est une sélection un peu tendancieuse, pour un prof de collège, quand même…). J’étais fan de cette affiche. A la fin de l’année, j’ai demandé au professeur de quoi ça parlait, et il m’a dit que c’était tiré d’un livre. Du coup j’ai emprunté ledit livre à la bibliothèque et je l’ai lu pendant les grandes vacances. Si beaucoup des subtilités et des références littéraires parsemées par Nabokov dans le libre me sont nécessairement passées au dessus lors de cette première lecture, j’ai reçu ce livre comme un coup de canon dans le ventre, et je n’ai plus jamais été le même lecteur. Je me suis rendu compte de la force de la littérature, de la beauté des mots même hors de la poésie, et du pouvoir d’utiliser un livre comme tremplin à idées ou piste de réflexion. Peu à peu, le fantastique a disparu de ma table de chevet (mais les comics, eux, sont restés) et j’ai diversifié et affiné mes goûts, testant un peu tout, parfois conquis (Proust, Stendhal), parfois répugné (Zola, Sartre!), mais toujours curieux et ouvert.
Si de nombreuses lectures et de nombreux livres ont laissé leur empreinte indélébile en moi ce sont ces trois souvenirs, plus que tout autre, qui ont fait de moi le lecteur que je suis aujourd’hui.
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La citation du jour: « Ah bin c’est dans cette salle que j’ai parlé à Juliette pour la première fois! »
La chanson du jour: It’s only make believe, Cock Robin, « My hopes, my dreams come true »
Même si mon professeur de dessin était un peu chelou, avec le recul, la vie est belle!
Book Review: Martin Millar – Dreams of Sex and Stage Diving
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L’histoire en quelques paragraphes: Elfish est une jeune britannique à l’hygiène douteuse et au caractère bien trempé. Lorsqu’elle s’est fixé un objectif, rien d’autre ne compte, et elle utilisera tous les moyens (et les personnes, même à leurs dépens) possibles pour le réaliser. Le livre suit le dernier objectif en date de la demoiselle: réussir en moins d’un mois à s’assurer que son ex ne puisse pas lui voler le nom de Queen Mab pour son groupe de punk amateur. Gare à ceux et celles qui pourraient se trouver sur la route de ce véritable bulldozer humain. Mêlant sonnets et références Shakespeariennes au zeitgest du déclin de la scène punk britannique dans les années 90, on découvre un peu le visage de Brixton, un district du sud de London bien loin des foules de Camden Town.
La note et l’avis du baron: 6 étoiles sur 10. J’ai attendu longtemps avant de pouvoir lire ce livre de Mark Millar resté longtemps en rupture de stock. J’ai découvert cet auteur à la lecture du fantastique « The Good Fairies of New York » et je voulais en lire plus. Si j’ai été moins enthousiasmé par cet ouvrage (écrit juste après l’autre), on peut à nouveau déceler le talent de l’auteur à conjurer des personnages atypiques, et pourtant terriblement humains. La protagoniste, Elfish, est absolument imbuvable et infâme, égoïste, vulgaire, insupportable, cruelle, et pourtant on ne peut s’empêcher d’être happé par ses aventures et mésaventures, comme une curiosité morbide nous poussant à voir jusqu’où elle pourra repousser les limites de l’indécence et du manque de respect d’autrui. Pourtant, bien malgré elle, Elfish est une source de dynamisme et de motivation tout autour d’elle, car son énergie est contagieuse et communicative, et le lecteur est lui aussi happé dans sa spirale au même titre que les autres personnages du livre. Sans être un « grand » livre, c’est une lecture plaisante et originale.
Morceaux choisis:
- There is a legend that everything wasted on the earth is stored and treasured on the moon: unfulfilled dreams, broken vows, unanswered prayers, wasted time.
- If there was one thing guaranteed to turn Elfish’s general melancholy into a full-scale hatred of the human race, it was a pair of happy young lovers wandering around holding hands or spending their nights sitting in next door’s backyard exuding contentment.
- Thus Elfish’s last remaining friends walked out of her life, leaving her with only a depressed brother and a band of people she had lied to for her own purposes.
- Even the extreme stress and tension which Elfish was now undergoing did not diminish her ability to lie with total conviction.
- The thought crossed his mind that his sister might actually be some sort of latter-day saint. With her filthy skin, rancid hair, ragged clothes and wild eyes, she was even beginning to look the part.
- She could feel her dreams slowly seeping their way out of her body and disappearing towards the moon.
Informations complémentaires:
- Parution 1994
- ISBN 978-1-59376-233-9 (edition Soft Skull Press, 2010)
- Langue d’écriture: Anglais (UK)
- Dernière lecture par le baron: 13 mai 2011
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La citation du jour: « Fallait pas imaginer une version porn de la super-héroïne »
La chanson du jour: Pretty Vacant, Sex Pistols, « There’s no point in asking, you’ll get no reply »
Même si certaines scènes sont carrément crades au sens littéral du terme, la vie est belle !
TotN Comics Review: Semaine du Mercredi 27 Avril 2011
2L’une de mes bonnes résolutions lorsque j’ai relancé Tears of the Night était de poster plus régulièrement, et d’essayer de proposer des articles « récurrents » comme des critiques de films, de livres, ou de comics. Ceux qui me suivent depuis 2005 savent que je suis un gros lecteur et collectionneur de comics, et que c’est probablement l’un des plus gros « postes de dépense » de mon budget. Je vais donc m’efforcer chaque mercredi de vous proposer un condensé de ma semaine de lecture. Mon temps n’étant pas infini (même sous Everyman uhu) il est évident que je ne peux pas lire ni acheter TOUT ce qui sort en comics, mais ma pile hebdomadaire contient disons 95% des sorties Marvel, 75% des sorties DC comics, plus quelques indépendants ça et là. Désolé pour les éventuels bons comics qui passeraient sous mon radar. Au vu du temps de « voyage » des comics des US jusqu’à ma boite aux lettres, je reçois en général avec une semaine de retard les sorties de nouveautés. Vu la quantité, il me faut bien une semaine pour les lire, et donc chaque « Comics Review » de TotN portera sur les comics sortis deux semaines auparavant. Par exemple, nous sommes aujourd’hui le mercredi 11 mai, l’article porte donc sur les comics sortis en kiosque le 27 avril, et ainsi de suite. Ah, dernière précision: si j’essaierai d’être aussi objectif que possible sur les raisons qui me font aimer (ou pas) un numéro, mes goût, eux, sont totalement subjectifs, et pour que je dise du bien d’un comic ici, tout génial soit il aux yeux de la critique, il faudra avant tout qu’il me plaise à moi. Je suis ici chez moi, après tout ^_^…
Le comic book de la semaine: The Mighty Thor #1, Marvel Comics (Matt Fraction – script – / Olivier Coipel – pencils -)
Avec la sortie ciné de Thor, Marvel a capitalisé sur l’effet Hollywood et nous a inondé depuis plus de six mois de trois tonnes de projets, d’annonces et de sorties autour de Thor. On a eu droit à des mini-séries plus (For Asgard, Ultimate) ou moins (First Thunder) bonnes, à des plâtrées de couvertures alternatives, à des réimpressions en TPB, en Hardcover et en Omnibus, à des effets d’annonce (la série Thor qui change de nom pour « redevenir » Journey into Mystery) et au lancement d’une nouvelle ongoing. J’ai reçu ce numéro avec un certain scepticisme pour deux raisons. Déjà, parce que le trop est l’ennemi du bien, et que j’avais peur qu’on tombe sur une dilution de la qualité similaire à ce qui s’est passé avec Deadpool lorsque ce personnage très fun est devenu à la mode suite à la sortie ciné de X-Men Origins: Wolverine et que la multitude des séries l’a rendu tellement plat et réchauffé que Marvel a réussi à m’en dégouter. Ensuite, parce que j’avais été déçu lorsque le talentueux Matt Fraction (que je remercie pour avoir rendu ses lettres de noblesse à la série Uncanny X-Men) a été affecté à la série principale de Thor: j’ai trouvé son story arc sympa mais sans plus, plutôt mou.
Ce n’est pas du tout le cas sur Mighty Thor où j’ai retrouvé le grand écrivain qui m’avait séduit sur UXM. Fraction pose les bases d’une série épique mais terrestre, et utilise avec brio les ficelles mythologiques pour chercher à extrapoler l’impact psychologique de l’impact de dieux nordiques foulant le sol des états unis. Le personnage du prêtre chrétien et la manière dont il réagit à leur présence est un régal, réaliste, touchant et traité avec intelligence. Finalement, la présence de Galactus devient presque secondaire face à la dimension humaine. Très très bon début de série. A lire !
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La valeur sure de la semaine: Spider Girl #6, Marvel Comics, (Paul Tobin – writer – / Clayton Genry w/ Cariello, Height & Wong – art -)
Spider Girl est ce genre de série sans prétention qui m’a pris complètement par surprise. Le premier story arc est clairement dans le Top 5 des meilleures séries Marvel du moment. Drôle, émouvant, bien écrit, bien dessiné, basé sur un concept génial (une héroïne motivée mais sans pouvoirs, post-adolescente et complètement baignée dans les technologies de communication: les bulles des pensées de l’héroïne sont remplacées par son compte Twitter. Spider Girl livetweet ses aventures. Awesome. Et comme souvent quand un comic book a de bonnes critiques, ou qu’il est un tant soit peu subtil ou original… il ne se vend pas. J’ai été dévasté d’apprendre que la série avait été mise au pilori et que le numéro 8 dans 2 mois serait le dernier numéro. Quel gâchis !
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La bonne surprise de la semaine: Justice League – Generation Lost #24, DC Comics (Judd Winick – writer – / Aaron Lopresti – penciller -)
Si rien ne remplace la fine équipe de Giffen/DeMatteis aux commandes de la Justice League, la série a maintenu un excellent niveau tout du long du story arc contre Maxwell Lord. Ici, c’est un peu la fin de ce story arc, mais c’est surtout une porte ouverte sur la suite. La dernière page est juste géniale, agréable surprise qui m’a fait couiner comme une adolescente devant Justin Bieber.
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La déception de la semaine: The Avengers #12.1, Marvel Comics (Brian Michael Bendis – writer – / Brian Hitch – penciler -)
La bonne nouvelle, c’est que pour une fois ce n’est pas John Romita Jr qui dessine (je suis allergique à son style). La mauvaise nouvelle, c’est que le style de Bryan Hitch se morphe de plus en plus vers du sous-Alan Davis, et que Bendis nous fait du… sous-Bendis. Le problème de BMB est qu’il a écrit tellement de bonnes choses et a pris tellement de responsabilités chez Marvel qu’on le retrouve partout, a écrire plein (trop) de choses chaque mois. Et la différence de qualité est tangible entre ses projets marotte du moment (Spider Woman, puis Scarlet, maintenant Moon Knight) qu’il écrit clairement à la base d’idées et de motivation, et ses projets « phares » qui ne deviennent guère mieux que de l’alimentaire mais qui se vendent parce que le nom « Bendis » fait vendre. On en a, ici, un bel exemple.
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Le reste des bons trucs, en vrac: Age of X Universe #2 (Marvel Comics), Batman and Robin #22 (DC Comics), Bring the Thunder #1 (Dynamite), FF #2 (Marvel Comics), Green Lantern – Emerald Warriors #9 (DC Comics), Morning Glories #9 (Image Comics), Osborn #5 (Marvel Comics), Velocity #3 (Image Comics), Wonder Woman #610 (DC Comics), X-23 #9 (Marvel Comics), X-Men #10 (Marvel Comics)
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La citation du jour: « Maman! On avait dit pas de bonbons! C’est pas bien! »
La chanson du jour: Loin, L’affaire Louis Trio, « J’étais si loin, si loin de toi »
Même si je trouve ça bien, moi, les bonbons, la vie est belle !
Everyman, but not just any man : changement de rythme de vie
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Il y a un peu plus d’un an, lors d’un dîner Mensa, l’un des sujets de conversation a dérivé sur les « power-siestes » actuellement très en vogue outre Atlantique. Le principe est de booster la productivité des cadres (principalement) en insérant dans leur rythme de travail des siestes courtes dans une ambiance adéquate pour un regain de tonus et de concentration meilleur qu’une simple pause café. Il y a d’ailleurs de plus en plus de « sleeping rooms » dans les grandes entreprises de New York, ainsi que des offres commerciales proposant des lieux où dormir 20 à 30 minutes dans une atmosphère relaxante avec huiles aromatiques diffusées dans la pièce et musique douce ou New-Age.
La discussion a rapidement dérivé sur les méthodes de sommeil alternatives. C’était mon premier contact avec le sommeil polyphasique. Le principe est (en gros) de segmenter son repos en plusieurs fois, afin d’apprendre à son corps ce nouveau rythme pour qu’il tombe plus rapidement dans les phases réparatrices du sommeil et perde moins de temps dans les phases « inutiles » du sommeil, celles où l’on se tourne et se retourne sous la couette en comptant les moutons ou à ronfler dans un état second sans vraiment avoir d’effets positifs sur le corps ou l’esprit. Le but avoué d’un tel rythme étant de gagner 2, 3, 4, voire jusqu’à 5 heures sur son temps de sommeil classique.
Pour peu que vous me connaissiez un minimum, vous comprendrez aisément que ce concept m’a littéralement fasciné, moi qui suis toujours à courir après le temps libre et le temps productif (vivre sans temps mort !). Néanmoins, si la graine était plantée, elle aura mis un certain temps à germer.
Il y a un peu plus d’un mois, j’ai de nouveau été mis face à face avec le sommeil polyphasique deux fois de suite en moins d’une semaine, tombant de clic en clic sur un blog d’une personne racontant son expérience avec un tel rythme, et sur un article laconique mais élogieux dans un numéro du magazine Project (un très bon magazine sur iPad, soit dit en passant). C’était un signe pour moi que la graine était prête à germer.
La fascination pour le concept étant toujours aussi grande en moi, j’ai passé plusieurs heures à me balader de sites en sites sur le sujet, étudiant les divers rythmes à succès, notant avec intérêt les effets secondaires indésirables de chacun.
La méthode la plus séduisante en termes de temps était la méthode Uberman. S’affranchissant totalement de toute période longue de sommeil pour un planning polyphasique total, a l’instar de certains astronautes ou navigateurs de l’extrême cette méthode remplace la « nuit » de sommeil par un rythme continu : quatre heures de veille, vingt minutes de sommeil, quatre heures de veille, vingt minutes de sommeil, etc. Non stop. Au final, votre nuit de sommeil de 6 à 8 heures est remplacée par environ deux heures de sommeil effectif toutes les 24 heures, pour un bénéfice égal pour le corps qui – après une période d’adaptation très rude d’une dizaine de jours en mode « zombie » voire « hallucinations » – comprend qu’il aura moins de temps pour se régénérer et passe directement en mode sommeil REM (Rapid Eye Movement), celui dont le corps a le plus besoin, dès le mode « dodo » enclenché.
Si le gain de temps par jour est absolument phénoménal (cinq heures par jour, trente-cinq heures par semaine !) le défaut principal de la méthode Uberman est que le timing des siestes doit être maintenu ad lib de manière draconienne. Toute période de veille dépassant quatre heures vous met apparemment dans un état second comme si vous aviez passé une nuit blanche. Un tel rythme aurait été désastreux pour ma vie sociale (quid des sorties resto-ciné, des parties de jeux de rôles, des après-midi en amoureux, etc.) et aurait finalement gâché tout le bénéfice des heures gagnées.
Et puis j’ai découvert les différentes variantes de la méthode Everyman, appliquant un sommeil polyphasique mais conservant une sieste un peu plus longue de nuit. Le nombre d’heures de sommeil inutile gagnées est moindre, mais néanmoins tangible, et les inconvénients sont eux nettement moins insurmontables (en gros, la période d’adaptation du corps est plus longue que pour Uberman, mais moins violente, et si les siestes journalières restent essentielles pour ne pas passer en mode « zombie », leur timing offre plus de souplesse et de latitude en pouvant être décalées d’une à deux heures en cas de besoin).
Après de nombreux jours à tourner autour du pot et à peser le pour et le contre, j’ai finalement décidé de tenter l’expérience. Je ne sais pas si ce sera complètement positif, ni même si je continuerai sur ce rythme indéfiniment, mais je sais que si je n’avais pas tenté cette expérience, je m’en serais voulu toute ma vie. Depuis bientôt 48h maintenant donc, je suis passé en sommeil polyphasique sur un rythme « Everyman 3 ». C’est à dire que ma « nuit » de sommeil ne dure plus que trois heures (de 2h du matin à 5h du matin) et que je segmente ma « journée » en quatre avec trois siestes de vingt minutes. Au total, je n’ai plus que quatre heures de sommeil effectif par période de 24h (contre une moyenne de 6h30-7h auparavant).
Je vous tiendrai au courant de l’évolution de ce rythme si j’arrive à le maintenir. Si j’en crois les blogs sur le sujet, ce sont les deux premières semaines qui sont les plus difficiles, et les premiers jours où il est le plus dur de se lever (je confirme : si je n’ai eu aucun problème à me lever à 5h hier matin, ce matin mon cerveau a buggé et je ne me suis levé qu’à 6h, grrr). Pour l’instant je ne ressens aucune fatigue excessive (mais bon, une heure de rab’ ce matin c’est tricher, et puis je n’avais pas de sommeil en retard quand j’ai commencé ce rythme) en revanche je vois déjà le gain de temps phénoménal. En termes de loisirs et de travail, j’ai l’impression d’avoir travaillé et lu deux jours au lieu d’un hier. Espérons que l’euphorie du gain de temps me permette de passer la période difficile.
Statistiquement, il n’y a que 25% des gens qui tentent le rythme Everyman qui réussissent à l’implémenter avec succès. Si je suis de ceux là, ce sera pour moi une grande victoire sur mon temps de vie !
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La citation du jour: « Et ce matin ? Levé comme prévu ? »
La chanson du jour: Mon manège à moi, Etienne Daho, « Tu me fais tourner la tête »
Même si j’ai perdu une heure ce matin, la vie est belle !
Movie Review: Thor – Bring down the Thunder
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J’ai eu peur, très peur d’être déçu en allant voir ce film. Pour plusieurs raisons. Déjà, bien qu’étant un grand fan de l’univers Marvel, Thor fait partie de ces héros qui ont été plus souvent mal que bien gérés chez Marvel, et peu de scénaristes ont réussi à le rendre intéressant. A quelques rares exceptions près, Thor, dans l’univers Marvel, il est plus ridicule qu’épique. En revanche, depuis 2 ou 3 ans, la bande dessinée maintient un très bon niveau après être partie à 180° de ce qui se faisait avant. Le film serait-il au niveau ? Enfin, dernière crainte, Kenneth Branagh aux commandes, ce n’est pas forcément une recette garantissant que la mayonnaise monte pour moi, au contraire.
Je suis content de m’être trompé, et je suis sorti de la salle avec le sourire aux lèvres. Certes, le scénario n’a rien de transcendant ou d’original, mais c’est un classique qui sait capitaliser sur les forces d’une fresque épique sans s’alourdir de ses faiblesses. La 3D est presque aussi jolie que celle d’Avatar, on n’a pas l’impression désagréable d’avoir un gimmick rajouté en post-prod pour faire des sous comme dans l’Alice de Tim Burton par exemple. Si l’Asgard présenté dans le film est loin, très loin de ressembler à l’Asgard mythologique, il est en revanche plutôt fidèle à celui du comic book, et les visuels sont absolument renversants.
Au niveau des gros plus :
* Le caméo de l’oeil d’Agamotto dans la salle du trésor d’Odin. Il n’a rien à foutre là, certes, mais je ne peux m’empêcher d’y voir un clin d’oeil pour les fans de Doctor Strange comme moi sachant que le film a reçu le feu vert des studios Marvel il y a un an pour entrer en développement.
* Kat Dennings : Dans le rôle de Darcy, qui n’existe pas dans le comic book original, on a un comic relief efficace, récurrent mais sans être excessif, elle a beaucoup de charme sans chercher à éclipser les deux têtes d’affiche, et « Mew Mew » m’a fait rire à chaque fois. Une très bonne idée.
* Chris Hemsworth : Avant ce film, c’était une petite crevette insignifiante avec la gueule de bogoss classique et à la mode du moment. Sans intérêt. Le rôle lui a fait du bien : plus musclé, certes, plus de cheveux, une belle barbe… mais c’est surtout la dimension épique du dieu du tonnerre qui a du déteindre sur lui. Que ce soit dans le film ou dans les interviews qu’il donne depuis la fin du tournage, Hemsworth a clairement décuplé son charisme et sa prestance, même hors du rôle. Dans le film, Thor apprends l’humilité. Dans la vraie vie, Hemsworth a appris à avoir la classe.
* Loki : Fantastique. Le film joue avec l’ambiguité du personnage que Marvel a cherché à lui donner depuis dix ans (après des décennies où Loki n’était qu’un méchant comme les autres, voire pire que les autres, méchant par nature, et du genre à faire MWAHAHAHAHAAAAaaaaaaa en faisant tomber ses adversaires dans ses pièges). Il est difficile même pour le spectateur de juger de ses motivations. Fourbe et manipulateur, certes, mais n’agit-il pas pour le bien d’Asgard ?
* La scène finale du combat contre le Destroyer. Oui, c’est cheezy. Oui, c’est téléphoné. Oui, on a déjà vu ce genre de scène et de retournement quinze mille fois au ciné. Mais bordel, qu’est-ce que c’était épique !!!
Enfin, parce qu’il ne faut pas fermer les yeux sur tout, il y a néanmoins trois choses qui m’ont déçu dans ce film.
* La gestion du son dans les combats : je me doute que c’est pour faire « épique », mais c’est trop fort et trop confus. La seule chose qu’on entend, c’est un énorme brouhaha.
* Les quelques petits détails moins fidèles : je n’aime pas la tête du Bifrost, la peau des géants des glaces, et Volstagg est beaucoup trop maigre.
* Loki : Après avoir géré fantastiquement le personnage tout le long du film, Branagh en refait un méchant caractériel en mode « MWAHAHA » dans son affrontement final avec son frère. Ça gâche un peu ce qui précède. Et en plus, un combat à la lance, même divine ? Loki ne se bat pas au corps à corps, FFS, il emploie des gens qui se battent pour lui, et si ça ne fonctionne plus il utilise sa magie, pas une lance, si kikoo soit elle.
Au final, ces défauts sont minimes par rapport aux points forts du film. Non, scénaristiquement il ne va rien révolutionner, on ne ressort pas du film en réfléchissant au sens de la vie ou à la géopolitique, mais c’est un excellent divertissement et un très bon film de super héros. Contrat rempli.

Ma note: 8/10
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La citation du jour: « On n’est pas Dieu du Tonnerre, comme on serait expert-comptable »
La chanson du jour: Thunderstruck, AC/DC, « Now we’re shaking at the knees! »
Même si cette critique a d’abord été publiée sur Sens Critique, la vie est belle !

