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Movie Review: La Conquête – Petit mais costaud
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Difficile de passer à côté du buzz cinéma du moment: le film de Xavier Durringer sur l’ascension au pouvoir de l’actuel président de la république. On pouvait s’attendre au pire, un film avec un tel thème pouvant aisément tomber soit dans la critique facile et caricaturale, soit dans une ode dithyrambique visant à flatter l’égo ce celui qui en a un plus gros que sa taille. Cette docu-fiction (avec le mot fiction mis bien en avant dès le début du film, sans doute pour se couvrir) évite élégamment ces deux écueils et nous livre une fresque réaliste et objective sur un homme avide de reconnaissance et de pouvoir et prêt à tout pour les obtenir.
Beaucoup de journalistes affirmaient avec détour que Sarkozy avait « peur » de la sortie de ce film un an avant la campagne de 2012. Si c’est bel est bien le cas, je pense que cette peur était tout a fait légitime au vu de l’image du candidat Sarkozy apportée par ce film: susceptible, impulsif, au sang chaud, le Sarkozy du film n’hésite pas une seule seconde à trahir son propre camp, à manipuler l’opinion, à organiser des sorties théâtrales, à donner des ordres à la presse, et à jouer des effets d’annonce où la forme compte plus que le fond, aucune promesse n’étant formulée avec le véritable désir de la tenir. En bref, le Sarkozy du film ressemble à s’y méprendre au Sarkozy de la vraie vie tel qu’il est connu des media et des analystes politiques (et de tout internaute s’intéressant un minimum au sujet), le Sarkozy de façade ne trompant plus guère que les classes les moins cultivées ou informées de la population française (malheureusement une majorité des électeurs non-absentéistes), et de ce point de vue ce film peut en effet être « dangereux » pour le camp de Sarkozy en 2012 si ces gens encore bercés par ses belles paroles réussissent, à travers ce film, à percevoir l’envers du décor, le fameux « off » qui fait buzzer les rédactions.
Tout odieux et manipulateur soit il, ce film montre également ce qui a permit au candidat Sarkozy de devenir le président Sarkozy : son talent, principalement de gestionnaire d’image. Qu’on l’aime ou pas (fidèle lecteur, régulière lectrice, tu sais que je me case plutôt dans le camp des « pas« ), il est en tout objectivité impossible de ne pas reconnaitre son art de la guerre politique. Sarkozy est un peu le Sun Tzu de la politique française, en cela qu’il est un stratège hors pair et qu’il a redéfini les règles de la guerre, politique dans son cas. Et cela, le film le retranscrit également avec brio. Comme on peut l’entendre autour de la table des Chirac, « il a du talent, le p’tit ». Cette fidèle retranscription est d’ailleurs ce qui m’a rendu le film appréciable : tous les personnages sont traités avec la même déférence et fidélité vis à vis des personnes réelles qu’ils représentent. Je tire notamment mon chapeau aux acteurs jouant Villepin et Chirac, plus vrais que nature en numéro deux évincé par avoir trop voulu jouer avec les règles de la politique des années 90, et en chef de l’état sympathique et nature mais usé et fatigué par trop de combats politiques et une France qui ne le comprend plus, et qu’il ne comprend plus.
Un film à voir, donc, et à conseiller à votre entourage, surtout ceux qui pourraient avoir envie de voter Sarkozy en 2012, histoire de les faire réfléchir, un peu, et d’éviter de faire de notre petit président le George W. Bush français, un président qui laisserait dans l’histoire la marque des pires années et des pires décisions politiques prises de mémoire d’homme, et malgré cela réélu par un peuple qui aime tant être dans la peau du mouton.
Ma note: 7/10
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La citation du jour: « Tout va bien. Il m’a déclaré sa loyauté je ne l’ai pas cru, je lui ai souhaité bonne chance pour l’UMP et il ne m’a pas cru non plus ».
La chanson du jour: Gimme more, Britney Spears, « Gimme gimme more, gimme more, gimme gimme more, the center of attention »
Même si 2012 approche et que les candidatures crédibles&intéressantes se font toujours attendre, la vie est belle !
»aimer
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L’histoire en quelques paragraphes: Ici, ce n’est pas « l’histoire » mais « les histoires« . Recueil de 23 micro nouvelles de 2 à 10 pages, le seul thème récurrent est celui de l’amour, décliné sous autant de variations plus dérangeantes et malsaines les unes que les autres, mais amour tout de même. Inceste, kidnappings, violences conjugales, rien n’échappe à la plume de Castillon pour nous mettre mal à l’aise. Mention spéciale aux nouvelles « Une araignée au plafond » (qui parle de famille et d’amants mystérieux), « La prunelle de mon oeil » (un genre de syndrome de Stockholm pour un homme abusé par une femme trop jalouse), « Corvée de liberté » (sur les violences en mode passif agressif), Petite femme (nouvelle horrible sur un kidnapping) et « Thérèse décline » qui est à peu près la seule nouvelle du recueil à se terminer sur une note plutôt positive et légère.
La note et l’avis du baron: 8 étoiles sur 10. Je n’avais jamais lu Claire Castillon avant ce recueil. Ma curiosité piquée par une bonne critique dans Lire et par ce titre que je trouvais fabuleux, j’avais mis cet ouvrage dans ma wishlist et lorsqu’on me l’a offert (merci Karen) j’avais tout oublié du « pitch ». Du coup, les premières nouvelles ont été un choc, avant que je ne me glisse dans l’ambiance. Les nouvelles sont très bien écrites, le vocabulaire est dense mais agréable (quoi qu’un peu « médical » sur certaines nouvelles), et Castillon tisse avec brio une toile très large autour du spectre des dérives de l’amour. Car il y a de l’amour, indéniable, intense, dans chacune de ces nouvelles, mais c’est un amour perverti, malsain, malade. Ici, amour ne rime pas forcément avec bonheur ou avec toujours, un peu comme dans la vraie vie, en somme. En pire. Quoique… C’est le caractère réaliste de chacune de ces nouvelles (aussi extravagantes soient elles dans leurs travers) qui les rend si délicieusement dérangeantes. Parce qu’on se dit tout haut que cela n’arrive que dans les livres. Mais qu’on sait tout bas que la réalité, souvent, peut être bien plus cruelle que la fiction. Alors on continue à lire, et on espère ne jamais être l’un des protagonistes de ces nouvelles aux idées noires.
Morceaux choisis:
- Dire que certaines jeunes femmes ont la chance de rencontrer de vrais princes charmants. Moi, je dois tout lui expliquer. Des fleurs de temps à autre, un cadeau à l’occasion de rien. Je commence à en avoir assez de réclamer. Moi qui aspirais tant à être muse, je passe pour une insatisfaite, et c’est de sa faute.
- J’ai bien assez avec les bons mots de mon mari pour ne pas m’imposer une descendance.
- Je vais mourir, je veux te détruire, j’ai envie de te salir.
- Je n’aimerais pas que son hobby le détourne de notre couple.
- Un brancardier arrive, s’empare du lit mobile de la femme au coeur blessé. Il est temps de la descendre et de le lui arracher.
- On est là, face à face. Et ce n’est pas ma photo qu’il embrasse.
Informations complémentaires:
- Parution 2007
- ISBN 978-2-253-12258-6 (edition Le Livre de Poche, 2008)
- Langue d’écriture: Français
- * Dernière lecture par le baron: 20 Mai 2011
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La citation du jour: « Paul, sept ans et demi! »
La chanson du jour: Nuit blanche, Renan Luce, « J’aim’rais t’greffer les bras d’Morphée pour m’y blottir et enfin dormir »
Même si je pique du nez, la vie est belle !
TotN Comics Review: Semaine du Mercredi 4 Mai 2011
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Le comic book de la semaine: Moon Knight #1, Marvel Comics (Brian Michael Bendis – writer – / Alex Maleev – artist -)
Avant de dire quoi que ce soit sur ce comic book, je dois avouer que je suis forcément partial dans ma critique : Moon Knight fait partie de mes héros favoris chez Marvel (j’aime beaucoup les héros « secondaires » de leur écurie en général… Mon favori étant le Doctor Strange) et forcément lorsque cette nouvelle série a été annoncée, je l’attendais au tournant. Mon verdict ? Mitigé.
Il y a du bon et du moins bon dans cette énième tentative de rendre Moon Knight commercialement viable. Déjà, il s’agit d’un nouveau « projet marotte » de Bendis donc, si vous avez suivi ce que j’ai écrit la semaine dernière, cela veut dire que le scénario est bon et/ou original, que ce n’est pas un projet alimentaire comme Avengers. Et en effet, le pitch de base est l’interprétation de Moon Knight selon Bendis sont un cocktail réussi, le personnage est complexe et intéressant, la chute est très bien pensée, et on joue sur une certaine ambivalence psychologique qui a toujours été l’un des points forts de l’écriture de Bendis au mieux de sa forme.
Oui, mais.
Oui, mais mitigé, car ce personnage a beau être intéressant… ce n’est pas Moon Knight. En tout cas pas le Moon Knight tel que je l’apprécie. Cette histoire aurait été fantastique dans l’univers Ultimate ou tout autre univers parallèle avec une étiquette Marvel Max, mais ici Bendis développe et empire les dérives insensées des derniers scénaristes sur la version précédente de la série (qui ont, a mon goût, causé sa perte). Et même si selon le vice président de Marvel, un lecteur en colère est un meilleur client qu’un lecteur content ou neutre, le boost immédiat des ventes ne compense pas la lente érosion des clients fidèles. Du coup, en cinq ou six ans, Moon Knight est passé du statut d’antihéro ambigu serviteur d’une divinité égyptienne (le Moon Knight dont j’étais fan) à un héros malgré lui psychologiquement instable et vivant au rythme de ses délusions (un personnage de fiction intéressant mais… C’est pas Moon Knight !)
Le dessin de Maleev est un peu en dessous de sa production actuelle, mais reste à un niveau acceptable et en phase avec son style particulier.
En résumé, le dessin est sympa et l’histoire est originale (la chute est vraiment, vraiment très bien) mais contribue encore à la déconstruction d’un héros qui me plaisait bien tel quel. Malgré cet arrière goût amer, Moon Knight #1 est indiscutablement le comic book de la semaine!
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La valeur sure de la semaine: Power Girl #23, DC Comics (Judd Winick – writer – / Sami Basri – artist –)
Power Girl fait partie de ces comics que je n’aurais probablement JAMAIS lu avant l’arrivée de l’iPad dans ma vie. Je ne connaissais le personnage que via la JLI des années 90, et j’en gardais un souvenir d’une héroïne insipide dont le super pouvoir le plus évident semblait la capacité à tenir debout malgré une poitrine hautement improbable (et en plus j’ai toujours préféré les petits seins). La capacité de tester sur l’iPad combinée à de très bonnes critiques sur le web m’ont amené à y plonger le regard distraitement… et le poisson a été ferré. Un style graphique cohérent (et stable de numéro en numéro, ce qui devient rare chez DC), mais surtout un comic book frais et léger, très bien écrit, sachant être à la fois drôle et émouvant. J’achète depuis chaque numéro religieusement chaque mois. Il serait dommage de passer à côté de cette série ! (en bonus : un caméo de Zatanna dans ce numéro, love.)
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La bonne surprise de la semaine: Weird Worlds #5 (Tanga), DC Comics, (Kevin Maguire – story and art –)
Cette mini-série est vendue principalement avec le personnage de Lobo, qui est l’un des protagonistes de ces comics books divisés en trois chapitres se concentrant chacun sur un personnage, sorte de mini-mini-séries. Celle qui est surtout intéressante ici c’est la dernière, celle de Tanga, une alien relativement puissante avec un air blasé et un sens de l’humour décapant. Je ne connaissais absolument pas ce personnage avant de lire Weird Worlds, mais je continue à être agréablement surpris par le cocktail mitonné par Kevin Maguire. Le reste du comic et les deux autres séries sont, quant à elles, sans grand intérêt.
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La déception de la semaine: Captain America: Hail Hydra #5, Marvel Comics (Jonathan Maberry – writer – / Graham Nolan – artist –)
Ouf. Enfin finie. Cette mini série partait sur un concept sympathique, avait un potentiel racoleur au vu de l’imminence du film de Captain America, mais comme beaucoup de limited series chez Marvel en ce moment la qualité n’est pas au rendez vous, et le niveau global réussit même à baisser d’un numéro à l’autre (au même rythme que les clients). Au programme de cette bouse, des méchants nazi zombies, une réinterprétation complètement DÉBILE de nombreux éléments du canon, un script lamentable et des dessins de plus en plus bâclés au fil des numéros. C’était le dernier. Ouf.
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Le reste des bons trucs, en vrac: Action Comics #900 (DC Comics), Astonishing Thor #4 (Marvel Comics), Avengers Academy #13 (Marvel Comics), Carnage #4 (Marvel Comics), Herc #2 (Marvel Comics), Heroes for Hire #6 (Marvel Comics), The Boys #54 (Dynamite), Wolverine / Hercules – Myths, Monsters & Mutants #3 (Marvel Comics)
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La citation du jour: « C’est trop bizarre comme sensation quand on se frotte le ventre. Non mais écoutes la sensation !!! »
La chanson du jour: Bend & Break, Keane, « If only I don’t suffocate, I’ll meet you in the morning when you wake »
Même si j’ai raté une sieste, la vie est belle !
Book Review: Martin Millar – Dreams of Sex and Stage Diving
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L’histoire en quelques paragraphes: Elfish est une jeune britannique à l’hygiène douteuse et au caractère bien trempé. Lorsqu’elle s’est fixé un objectif, rien d’autre ne compte, et elle utilisera tous les moyens (et les personnes, même à leurs dépens) possibles pour le réaliser. Le livre suit le dernier objectif en date de la demoiselle: réussir en moins d’un mois à s’assurer que son ex ne puisse pas lui voler le nom de Queen Mab pour son groupe de punk amateur. Gare à ceux et celles qui pourraient se trouver sur la route de ce véritable bulldozer humain. Mêlant sonnets et références Shakespeariennes au zeitgest du déclin de la scène punk britannique dans les années 90, on découvre un peu le visage de Brixton, un district du sud de London bien loin des foules de Camden Town.
La note et l’avis du baron: 6 étoiles sur 10. J’ai attendu longtemps avant de pouvoir lire ce livre de Mark Millar resté longtemps en rupture de stock. J’ai découvert cet auteur à la lecture du fantastique « The Good Fairies of New York » et je voulais en lire plus. Si j’ai été moins enthousiasmé par cet ouvrage (écrit juste après l’autre), on peut à nouveau déceler le talent de l’auteur à conjurer des personnages atypiques, et pourtant terriblement humains. La protagoniste, Elfish, est absolument imbuvable et infâme, égoïste, vulgaire, insupportable, cruelle, et pourtant on ne peut s’empêcher d’être happé par ses aventures et mésaventures, comme une curiosité morbide nous poussant à voir jusqu’où elle pourra repousser les limites de l’indécence et du manque de respect d’autrui. Pourtant, bien malgré elle, Elfish est une source de dynamisme et de motivation tout autour d’elle, car son énergie est contagieuse et communicative, et le lecteur est lui aussi happé dans sa spirale au même titre que les autres personnages du livre. Sans être un « grand » livre, c’est une lecture plaisante et originale.
Morceaux choisis:
- There is a legend that everything wasted on the earth is stored and treasured on the moon: unfulfilled dreams, broken vows, unanswered prayers, wasted time.
- If there was one thing guaranteed to turn Elfish’s general melancholy into a full-scale hatred of the human race, it was a pair of happy young lovers wandering around holding hands or spending their nights sitting in next door’s backyard exuding contentment.
- Thus Elfish’s last remaining friends walked out of her life, leaving her with only a depressed brother and a band of people she had lied to for her own purposes.
- Even the extreme stress and tension which Elfish was now undergoing did not diminish her ability to lie with total conviction.
- The thought crossed his mind that his sister might actually be some sort of latter-day saint. With her filthy skin, rancid hair, ragged clothes and wild eyes, she was even beginning to look the part.
- She could feel her dreams slowly seeping their way out of her body and disappearing towards the moon.
Informations complémentaires:
- Parution 1994
- ISBN 978-1-59376-233-9 (edition Soft Skull Press, 2010)
- Langue d’écriture: Anglais (UK)
- Dernière lecture par le baron: 13 mai 2011
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La citation du jour: « Fallait pas imaginer une version porn de la super-héroïne »
La chanson du jour: Pretty Vacant, Sex Pistols, « There’s no point in asking, you’ll get no reply »
Même si certaines scènes sont carrément crades au sens littéral du terme, la vie est belle !
TotN Comics Review: Semaine du Mercredi 27 Avril 2011
2L’une de mes bonnes résolutions lorsque j’ai relancé Tears of the Night était de poster plus régulièrement, et d’essayer de proposer des articles « récurrents » comme des critiques de films, de livres, ou de comics. Ceux qui me suivent depuis 2005 savent que je suis un gros lecteur et collectionneur de comics, et que c’est probablement l’un des plus gros « postes de dépense » de mon budget. Je vais donc m’efforcer chaque mercredi de vous proposer un condensé de ma semaine de lecture. Mon temps n’étant pas infini (même sous Everyman uhu) il est évident que je ne peux pas lire ni acheter TOUT ce qui sort en comics, mais ma pile hebdomadaire contient disons 95% des sorties Marvel, 75% des sorties DC comics, plus quelques indépendants ça et là. Désolé pour les éventuels bons comics qui passeraient sous mon radar. Au vu du temps de « voyage » des comics des US jusqu’à ma boite aux lettres, je reçois en général avec une semaine de retard les sorties de nouveautés. Vu la quantité, il me faut bien une semaine pour les lire, et donc chaque « Comics Review » de TotN portera sur les comics sortis deux semaines auparavant. Par exemple, nous sommes aujourd’hui le mercredi 11 mai, l’article porte donc sur les comics sortis en kiosque le 27 avril, et ainsi de suite. Ah, dernière précision: si j’essaierai d’être aussi objectif que possible sur les raisons qui me font aimer (ou pas) un numéro, mes goût, eux, sont totalement subjectifs, et pour que je dise du bien d’un comic ici, tout génial soit il aux yeux de la critique, il faudra avant tout qu’il me plaise à moi. Je suis ici chez moi, après tout ^_^…
Le comic book de la semaine: The Mighty Thor #1, Marvel Comics (Matt Fraction – script – / Olivier Coipel – pencils -)
Avec la sortie ciné de Thor, Marvel a capitalisé sur l’effet Hollywood et nous a inondé depuis plus de six mois de trois tonnes de projets, d’annonces et de sorties autour de Thor. On a eu droit à des mini-séries plus (For Asgard, Ultimate) ou moins (First Thunder) bonnes, à des plâtrées de couvertures alternatives, à des réimpressions en TPB, en Hardcover et en Omnibus, à des effets d’annonce (la série Thor qui change de nom pour « redevenir » Journey into Mystery) et au lancement d’une nouvelle ongoing. J’ai reçu ce numéro avec un certain scepticisme pour deux raisons. Déjà, parce que le trop est l’ennemi du bien, et que j’avais peur qu’on tombe sur une dilution de la qualité similaire à ce qui s’est passé avec Deadpool lorsque ce personnage très fun est devenu à la mode suite à la sortie ciné de X-Men Origins: Wolverine et que la multitude des séries l’a rendu tellement plat et réchauffé que Marvel a réussi à m’en dégouter. Ensuite, parce que j’avais été déçu lorsque le talentueux Matt Fraction (que je remercie pour avoir rendu ses lettres de noblesse à la série Uncanny X-Men) a été affecté à la série principale de Thor: j’ai trouvé son story arc sympa mais sans plus, plutôt mou.
Ce n’est pas du tout le cas sur Mighty Thor où j’ai retrouvé le grand écrivain qui m’avait séduit sur UXM. Fraction pose les bases d’une série épique mais terrestre, et utilise avec brio les ficelles mythologiques pour chercher à extrapoler l’impact psychologique de l’impact de dieux nordiques foulant le sol des états unis. Le personnage du prêtre chrétien et la manière dont il réagit à leur présence est un régal, réaliste, touchant et traité avec intelligence. Finalement, la présence de Galactus devient presque secondaire face à la dimension humaine. Très très bon début de série. A lire !
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La valeur sure de la semaine: Spider Girl #6, Marvel Comics, (Paul Tobin – writer – / Clayton Genry w/ Cariello, Height & Wong – art -)
Spider Girl est ce genre de série sans prétention qui m’a pris complètement par surprise. Le premier story arc est clairement dans le Top 5 des meilleures séries Marvel du moment. Drôle, émouvant, bien écrit, bien dessiné, basé sur un concept génial (une héroïne motivée mais sans pouvoirs, post-adolescente et complètement baignée dans les technologies de communication: les bulles des pensées de l’héroïne sont remplacées par son compte Twitter. Spider Girl livetweet ses aventures. Awesome. Et comme souvent quand un comic book a de bonnes critiques, ou qu’il est un tant soit peu subtil ou original… il ne se vend pas. J’ai été dévasté d’apprendre que la série avait été mise au pilori et que le numéro 8 dans 2 mois serait le dernier numéro. Quel gâchis !
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La bonne surprise de la semaine: Justice League – Generation Lost #24, DC Comics (Judd Winick – writer – / Aaron Lopresti – penciller -)
Si rien ne remplace la fine équipe de Giffen/DeMatteis aux commandes de la Justice League, la série a maintenu un excellent niveau tout du long du story arc contre Maxwell Lord. Ici, c’est un peu la fin de ce story arc, mais c’est surtout une porte ouverte sur la suite. La dernière page est juste géniale, agréable surprise qui m’a fait couiner comme une adolescente devant Justin Bieber.
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La déception de la semaine: The Avengers #12.1, Marvel Comics (Brian Michael Bendis – writer – / Brian Hitch – penciler -)
La bonne nouvelle, c’est que pour une fois ce n’est pas John Romita Jr qui dessine (je suis allergique à son style). La mauvaise nouvelle, c’est que le style de Bryan Hitch se morphe de plus en plus vers du sous-Alan Davis, et que Bendis nous fait du… sous-Bendis. Le problème de BMB est qu’il a écrit tellement de bonnes choses et a pris tellement de responsabilités chez Marvel qu’on le retrouve partout, a écrire plein (trop) de choses chaque mois. Et la différence de qualité est tangible entre ses projets marotte du moment (Spider Woman, puis Scarlet, maintenant Moon Knight) qu’il écrit clairement à la base d’idées et de motivation, et ses projets « phares » qui ne deviennent guère mieux que de l’alimentaire mais qui se vendent parce que le nom « Bendis » fait vendre. On en a, ici, un bel exemple.
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Le reste des bons trucs, en vrac: Age of X Universe #2 (Marvel Comics), Batman and Robin #22 (DC Comics), Bring the Thunder #1 (Dynamite), FF #2 (Marvel Comics), Green Lantern – Emerald Warriors #9 (DC Comics), Morning Glories #9 (Image Comics), Osborn #5 (Marvel Comics), Velocity #3 (Image Comics), Wonder Woman #610 (DC Comics), X-23 #9 (Marvel Comics), X-Men #10 (Marvel Comics)
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La citation du jour: « Maman! On avait dit pas de bonbons! C’est pas bien! »
La chanson du jour: Loin, L’affaire Louis Trio, « J’étais si loin, si loin de toi »
Même si je trouve ça bien, moi, les bonbons, la vie est belle !
Movie Review: Thor – Bring down the Thunder
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J’ai eu peur, très peur d’être déçu en allant voir ce film. Pour plusieurs raisons. Déjà, bien qu’étant un grand fan de l’univers Marvel, Thor fait partie de ces héros qui ont été plus souvent mal que bien gérés chez Marvel, et peu de scénaristes ont réussi à le rendre intéressant. A quelques rares exceptions près, Thor, dans l’univers Marvel, il est plus ridicule qu’épique. En revanche, depuis 2 ou 3 ans, la bande dessinée maintient un très bon niveau après être partie à 180° de ce qui se faisait avant. Le film serait-il au niveau ? Enfin, dernière crainte, Kenneth Branagh aux commandes, ce n’est pas forcément une recette garantissant que la mayonnaise monte pour moi, au contraire.
Je suis content de m’être trompé, et je suis sorti de la salle avec le sourire aux lèvres. Certes, le scénario n’a rien de transcendant ou d’original, mais c’est un classique qui sait capitaliser sur les forces d’une fresque épique sans s’alourdir de ses faiblesses. La 3D est presque aussi jolie que celle d’Avatar, on n’a pas l’impression désagréable d’avoir un gimmick rajouté en post-prod pour faire des sous comme dans l’Alice de Tim Burton par exemple. Si l’Asgard présenté dans le film est loin, très loin de ressembler à l’Asgard mythologique, il est en revanche plutôt fidèle à celui du comic book, et les visuels sont absolument renversants.
Au niveau des gros plus :
* Le caméo de l’oeil d’Agamotto dans la salle du trésor d’Odin. Il n’a rien à foutre là, certes, mais je ne peux m’empêcher d’y voir un clin d’oeil pour les fans de Doctor Strange comme moi sachant que le film a reçu le feu vert des studios Marvel il y a un an pour entrer en développement.
* Kat Dennings : Dans le rôle de Darcy, qui n’existe pas dans le comic book original, on a un comic relief efficace, récurrent mais sans être excessif, elle a beaucoup de charme sans chercher à éclipser les deux têtes d’affiche, et « Mew Mew » m’a fait rire à chaque fois. Une très bonne idée.
* Chris Hemsworth : Avant ce film, c’était une petite crevette insignifiante avec la gueule de bogoss classique et à la mode du moment. Sans intérêt. Le rôle lui a fait du bien : plus musclé, certes, plus de cheveux, une belle barbe… mais c’est surtout la dimension épique du dieu du tonnerre qui a du déteindre sur lui. Que ce soit dans le film ou dans les interviews qu’il donne depuis la fin du tournage, Hemsworth a clairement décuplé son charisme et sa prestance, même hors du rôle. Dans le film, Thor apprends l’humilité. Dans la vraie vie, Hemsworth a appris à avoir la classe.
* Loki : Fantastique. Le film joue avec l’ambiguité du personnage que Marvel a cherché à lui donner depuis dix ans (après des décennies où Loki n’était qu’un méchant comme les autres, voire pire que les autres, méchant par nature, et du genre à faire MWAHAHAHAHAAAAaaaaaaa en faisant tomber ses adversaires dans ses pièges). Il est difficile même pour le spectateur de juger de ses motivations. Fourbe et manipulateur, certes, mais n’agit-il pas pour le bien d’Asgard ?
* La scène finale du combat contre le Destroyer. Oui, c’est cheezy. Oui, c’est téléphoné. Oui, on a déjà vu ce genre de scène et de retournement quinze mille fois au ciné. Mais bordel, qu’est-ce que c’était épique !!!
Enfin, parce qu’il ne faut pas fermer les yeux sur tout, il y a néanmoins trois choses qui m’ont déçu dans ce film.
* La gestion du son dans les combats : je me doute que c’est pour faire « épique », mais c’est trop fort et trop confus. La seule chose qu’on entend, c’est un énorme brouhaha.
* Les quelques petits détails moins fidèles : je n’aime pas la tête du Bifrost, la peau des géants des glaces, et Volstagg est beaucoup trop maigre.
* Loki : Après avoir géré fantastiquement le personnage tout le long du film, Branagh en refait un méchant caractériel en mode « MWAHAHA » dans son affrontement final avec son frère. Ça gâche un peu ce qui précède. Et en plus, un combat à la lance, même divine ? Loki ne se bat pas au corps à corps, FFS, il emploie des gens qui se battent pour lui, et si ça ne fonctionne plus il utilise sa magie, pas une lance, si kikoo soit elle.
Au final, ces défauts sont minimes par rapport aux points forts du film. Non, scénaristiquement il ne va rien révolutionner, on ne ressort pas du film en réfléchissant au sens de la vie ou à la géopolitique, mais c’est un excellent divertissement et un très bon film de super héros. Contrat rempli.

Ma note: 8/10
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La citation du jour: « On n’est pas Dieu du Tonnerre, comme on serait expert-comptable »
La chanson du jour: Thunderstruck, AC/DC, « Now we’re shaking at the knees! »
Même si cette critique a d’abord été publiée sur Sens Critique, la vie est belle !
