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Articles de base

Le mec qui lisait des comics

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Que l’on considère ou non que cela soit un élément essentiel de notre Moi, quelque chose qui nous définit et aide à la construction de notre identité, une immense majorité d’entre nous possède au moins un hobby plus ou moins ostentatoire et connu de notre entourage plus ou moins proche. Si pour ma part beaucoup savent que je pratique les jeux de rôles (sur table) et que j’aime les jeux de combats sur ma PS3, si la lecture de classiques et de romans fait presque partie de mon métier, et donc hors concours, je pense que l’un des hobbies qui me définit le plus au sein de mon cercle de relation est que je suis « le type qui lit des comics« .

Je suis tombé dans le monde des comics américains lorsque j’avais quatre ans, et à part un petit break pendant ma crise de pré-adolescence, cela a été une passion non-stop dans ma vie. A l’heure actuelle, si je revendais ma collection à sa valeur estimée, je pourrais presque rembourser l’intégralité du prêt immobilier avec lequel j’ai acheté ma maison. Je dépense, chaque mois, entre 100 et 200 euros de comics neufs. Et je rachète régulièrement d’anciens numéros et des pièces de collection.

Et pourtant, depuis quelques mois, je remet un peu en question ce hobby qui est le mien. Si j’apprécie toujours la lecture des comics et si je connais mieux la vie de certains personnages que celle de certains membres de ma famille, les évolutions « politiques » du media américain et les choix commerciaux guidant leur ligne éditoriale ont de plus en plus tendance à me prendre à rebrousse-poil et à me rendre frileux du portefeuille. Ou, plus précisément, les décisions éditoriales de Marvel Comics me donnent de plus en plus envie de vomir, et en tout cas de ne plus les soutenir avec mes deniers (pour info, mes dépenses en comics Marvel représentent actuellement 70-75% des 200 euros mensuels sus-cités).

Des éditeurs de comics, Marvel a toujours été le plus « pognon-centrique« , parfois (souvent) aux dépens de leurs propres créateurs (cf Kirby et les autres, l’absence de clin d’oeil aux créateurs – sans même parler de petit chèque ! – dans les dernières superproductions hollywoodiennes ayant toutes rapporté des MILLIONS de dollars), et cette tendance va en accélérant depuis dix ans, sans doute par peur de la faillite après avoir frôlé la banqueroute dans les années 90.

Néanmoins depuis un an en moyenne, cette tendance s’accélère encore, comme si nous avions atteint un certain point de non-retour dans une courbe à croissance exponentielle. Les prix de la majorité des titres ont été gonflés d’un dollar. Une hausse représentant +30-35% par fascicule par rapport au prix précédent. Comme si cela ne suffisait pas, la plupart des « gros » titres (Avengers, X-Men, et leurs nombreuses séries dérivées) sortent maintenant à un rythme quasi bimensuel, nous sommes passés de 12 à 20 numéros par an. Si la qualité des histoires le justifiait, passe encore, mais là, la plupart des séries sont passées d’un budget mensuel de 3 euros à un budget mensuel de 8 euros pour des histoires devenues horriblement diluées par le nombre de pages, répétitives, et aux dialogues discutables. Il y a toujours d’excellentes séries (Invincible Iron Man) ou séries limitées (Children’s Crusade, ou Punisher MAX, énorme et agréable surprise alors que je ne suis pas particulièrement fan du personnage) mais ce sont malheureusement devenues de rares exceptions plutôt que la norme. Même les auteurs « stars » de chez Marvel (Fraction, Bendis, Brubaker…) produisent maintenant tellement de pages par mois que leur écriture est devenu mécanique et lisse, insipide dans 9 comics sur 10 qu’ils produisent.

Autre chose qui me chiffonne, Marvel tente de surfer sur le succès de leurs films en tordant la continuité de leur univers papier pour que ce dernier se conforme plus à celui des blockbusters hollywoodiens. Si le changement du costume iconique de Hawkeye est déjà très mal passé, c’est leur pirouette absolument débile pour introduire dans l’univers Marvel « normal » un Nick Fury black, borgne, ressemblant à Samuel Lee Jackson pour replacer le « vrai » Nick Fury, et avoir le culot de l’appeler AUSSI… « Nick Fury »… qui a été la goutte d’eau de la crédibilité.

Bref, face à ce constat, depuis plusieurs mois je suis tiraillé entre l’envie de « sanctionner » Marvel pour leurs choix débiles, de ne plus dépenser d’argent pour soutenir une entreprise dont je désapprouve les choix, et mon côté collectionneur qui ne veut pas mettre un terme à certaines séries que je suis fidèlement depuis plus de 25 ans.

Et puis, « Marvel NOW! ».

Il y a un an, DC Comics a lancé une bombe dans le milieu en se servant de leur gros évènement en date, « Flashpoint », pour remettre à zéro (ou presque) leur univers. Ce n’est pas inhabituel pour DC, abonné depuis les années 80 et le fameux « Crisis on infinite earth » à ces méga crossovers chamboulant leur continuité. En revanche, ce qui a changé, c’est leur manière de le gérer, en remettant TOUT à plat et en recommençant au numéro 1 l’intégralité de leurs séries, y compris les iconiques et « increvables » Batman, Superman, Action Comics et Detective Comics. Ce coup de poker a porté ses fruits, tout le monde en a parlé dans les media, de nombreux anciens lecteurs sont revenus (avec QUELQUES nouveaux lecteurs, mais malheureusement pas beaucoup) et DC a pour la première fois depuis loooooooongtemps repris la tête des ventes (et du buzz!) à Marvel. Et si, à titre personnel, j’ai été déçu de la disparition de certains titres ou personnages (Stephanie Brown!!!), je dois reconnaitre que la qualité des productions est largement au dessus de celle des titres pré-Flashpoint, et que l’essai a été transformé pour la plupart des séries et des personnages.

Du coup, un an plus tard, ça ne rate pas, après diverses tentatives ratées de Marvel de reprendre la tête du buzz (la fin injustifiée et incompréhensible d’Uncanny X-Men par exemple), les studios lancent « Marvel NOW! » où, sur trois mois, la plupart des séries phare du groupe (Captain America, Avengers, Iron Man, Thor, Fantastic Four, et même le nouveau titre Uncanny X-Men lancé il y a moins d’un an, que c’est intelligent!) vont être arrêtées et relancées avec un numéro 1 et une adaptation de la continuité. Oh, tiens, ça me rappelle quelque chose. Sauf que là où l’initiative de DC comics était culottée et EXACTEMENT ce dont le marché avait besoin l’an dernier, Marvel NOW! apparait comme une tentative a peine voilée de surfer sur le succès de DC d’un ensemble de créateurs qui ne sait plus quoi faire pour se rendre intéressants.

Marvel NOW! aura donc tranché pour moi et me fournit une excuse pour faire ce que je n’osais pas faire : arrêter de leur donner tant d’argent pour des productions de qualité médiocre et des gimmicks tire-pognon. Je ne rachèterai aucune des nouvelles séries relancées, et je vais en profiter pour arrêter également la plupart des autres. Je vais concentrer mon budget comics sur les productions de qualité de chez DC comics ou des autres indépendants qui ont certainement plus besoin de mes deniers que Marvel (pour qui de plus en plus l’activité papier n’est plus qu’un « tremplin à films » plutôt qu’une véritable oeuvre de divertissement à part entière). Une page se tourne, Marvel c’est peut être « NOW! », mais ça sera now sans moi.

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La citation du jour: « Ça manque de cimetière, là, dans le jardin, tu ne trouves pas ? »

La chanson du jour: Want it back, Amanda Palmer, « Hearts on a string like an older fashioned phone can »

Même si ça me fait quand même un peu mal au coeur, la vie est belle!

Il faut un début à tout…

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Quel que soit le résultat du second tour de la présidentielle, demain 6 mai 2012, on pourra dire que cette élection aura marqué les esprits. Entre échanges plus ou moins musclés des militants de l’un et l’autre bord sur les réseaux sociaux, Twitter en tête, entre montages et vidéos diverses pour défendre son poulain (ça, c’était plutôt Facebook), l’élection aura également amené un sur-décryptage de chacun des meetings des candidats presque en temps réel, là où la télévision restait la source principale d’informations et d’analyses ne serait-ce qu’en 2007 pour la majorité des électeurs. On peut également dire que cette élection aura marqué un nouveau stade atteint dans les coups bas et les attaques déplacées sur les candidats, leur physique, leur famille, leur famille politique, leurs contacts, et leur passé, bref, tout plutôt que leur programme.

Vous le savez si vous me fréquentez dans « la vraie vie », sur Twitter, ou tout simplement si vous avez lu l’article Démocratie Imparfaite du 2 février ici même, pour le second tour de l’élection j’avais l’intention de m’abstenir, le vote blanc n’étant toujours pas plus reconnu dans le score final (et donne plus de boulot aux gens qui ouvrent les bulletins, pour rien), et refusant de choisir entre Charybde et Scylla, entre la peste et le choléra, entre celui qui allait ruiner la France et celui qui allait faire un Etat du tout sécuritaire à la limite du totalitarisme.

Sauf que ça, c’était avant. Avant le premier tour, donc, les quasi 20% du Front National (lamentable, mais peu étonnant), et surtout avant la modification d’entre deux tours du programme et du discours de Sarkozy. Voyant dans les voix du FN son seul espoir de victoire pour une élection considérée comme pliée par les media et les sondeurs, nous avons assisté sous les conseils de Patrick Buisson à une extrême-droitisation du candidat UMP. J’ai déjà dit ici maintes fois combien je trouvais qu’à part certains (Juppé, Barouin, Borloo…), beaucoup des cadres de l’UMP semblaient avoir oublié ce qu’étaient censées être les valeurs de la « droite » (= liberté individuelle comme valeur principale) pour faire leur contraire, le tout sécuritaire, quitte à ce que Benjamin Franklin se retourne dans sa tombe. Là, depuis le premier tour, meeting après meeting, discours après discours, Sarkozy s’est muté d’un candidat de « droite ayant oublié ce que sont les valeurs de droite » en candidat d’ « extrême droite s’étant trompé d’étiquette pour son parti ». Reprise verbatim de certaines théories développées par un dictateur allemand tristement célèbre du XXème siècle (la frontière comme « espace vital« , c’était à Longjumeau, quelques mois après avoir déclaré que « c’est par le travail qu’on devient libre« , paraphrasant la devise d’un camp bien connu dudit dictateur, ou faisant des meetings aux relents Pétainistes), des clips de campagne dont plus de la moitié du temps imparti est alloué à « y’a trop d’immigrés en France, on a accueilli trop de monde, on va diviser ça par 2 » (au karcher?), menace antieuropéenne de fermeture des frontières, amalgames indécents suggérant pendant le débat de mercredi dernier que tous les étrangers sont des musulmans et qu’ils sont dangereux, et le double langage d’une transparence insultante pour toute personne ayant plus de 2 de Q.I. consistant à dire qu’il n’y aura aucun accord avec le FN, tout en modifiant son programme pour y ajouter des mesures copiées collées mot pour mot du site de Marine Le Pen comme la présomption de légitime défense pour les policiers.

Jour après jour, on a vu les plus modérés de l’UMP (ceux qui devaient se souvenir qu’ils étaient de droite, malgré leur parti) devenir de plus en plus silencieux. Certains se sont même affirmés comme « dissidents », quitte à se faire remonter les bretelles en interne. Et jour après jour, le discours de l’actuel président se faisait de plus en plus dur. Aujourd’hui, à la veille du scrutin, il faut se rendre à l’évidence : le second tour ne sera pas un combat de la « droite » contre la gauche, mais bien un duel gauche/extrême droite, en dépit des étiquettes, triste miroir déformant de ce second tour de 2002. Face à cela, il n’y a pour moi aucun autre choix pour tout électeur de DROITE (et je dis bien de droite, pas « UMP »), démocrate et amoureux de liberté mais surtout d’un état républicain : se pincer le nez, et aller voter Hollande. Je comprends maintenant amèrement le sentiment qui a dû être celui des gens de gauche qui sont allés voter Chirac en 2002 pour faire barrage à Jean-Marie. La campagne de Sarkozy a été tellement odieuse qu’il mériterait un score tout aussi humiliant que celui de l’ex-leader du FN pour cette page sombre de l’histoire de France. Cela n’arrivera pas, malheureusement. Je me contenterai, je l’espère, d’une défaite.

Sarkozy récolte ce qu’il a semé. Je sais que je ne suis pas le seul qui, initialement décidé à s’abstenir (voire, pour d’autres, décidés à voter pour lui), a changé d’avis face à cette campagne nauséabonde, cette vague brune au sein du parti majoritaire, et a décidé d’aller voter contre. Car ne vous méprenez pas : je reste de droite. Je suis convaincu que la politique économique de Hollande va être une catastrophe pour le pays si elle est appliquée telle qu’elle est décrite dans son programme. Mais – et j’en suis le premier surpris – il semble qu’il me reste un minimum de morale humaniste personnelle au dessus de mon propre bon sens, car il y a des idées qui, remuées, sont tellement nocives et délétère que leur faire barrage justifie TOUS les sacrifices, même un risque de ruine économique pour le pays. En 1987, du temps du RPR, Michel Noir avait écrit dans Le Monde cette phrase célèbre : « Il vaut mieux perdre une élection que perdre son âme. » Comme l’a très bien souligné Renaud Dely dans le Nouvel Observateur, Sarkozy est en passe de réussir les deux. Il a trahi les siens et déshonoré toute une partie des gens de droite qui vont maintenant, par amalgame, se retrouver associés à ces idées puantes.

La leçon à tirer de tout cela est qu’il n’est pas forcément une bonne idée de se rouler dans la merde pour attirer ceux qui aiment voter pour des idées qui puent (car oui, il n’y a rien de plus nauséabond que le populisme du rejet de l’autre, de la politique du bouc émissaire, et du jeu de la peur des différences pour apparaître comme un sauveur). Même les soutiens traditionnels de la droite ont massivement fait bloc contre cette dérive, avec les interventions successives des deux têtes politique du centre-droite, Douste-Blazy et Bayrou. Face à ces déclarations, certains des petits soldats FN à l’étiquette UMP s’étonnent, s’en plaignent, et s’affirment scandalisés que Bayrou ait « viré à gauche ». Calcul politique ou aveuglement ? Il est évident qu’ils n’ont pas « viré à gauche » (Bayrou ayant même expliqué qu’il serait membre d’une opposition farouche à Hollande en cas d’élection) mais Sarkozy qui a viré tellement à l’extrême droite qu’il est devenu incompatible avec un vote républicain. J’aurais aimé voir Juppé faire une déclaration similaire à celle de Bayrou, se souvenant de la ligne de conduite morale exemplaire de Chirac vis à vis de la vague brune. J’avoue que son mutisme et son approbation tacite de cette ligne Sarkopeniste m’a beaucoup déçu, et j’ai maintenant du mal à continuer à le voir comme celui qui pourrait sauver la droite.

J’ai discuté avec beaucoup de militants UMP continuant à soutenir « visiblement » Sarkozy durant l’entre deux tours. Neuf sur dix en moyenne m’ont tous tenu le même discours en « off » : Sarkozy déconne, le virage extrême droite est puant, mais c’est « juste » stratégique, il ne peut pas gagner sans les voix du FN, c’est un mauvais moment à passer, de toutes façons il n’appliquera jamais cette politique, et c’est le seul moyen de sauver l’économie française. Peut-être, oui. Mais sauver l’économie ne justifie pas TOUS les sacrifices. Et quand bien même le président-bis Sarkozy serait différent du candidat-bis Sarkozy, rien que cette campagne, en cas de victoire, serait une approbation tacite des thèses nauséabondes du FN. Ce serait les justifier, voire les rendre légitimement moralement défendables, surtout aux yeux des militants les plus défavorisés, les moins éduqués et les plus malléables, les proies rêvées des populismes divers. Et rien que cette approbation tacite est déjà de trop, même si le contenu n’était jamais appliqué. Le mal est fait. Et il n’aura, probablement, servi à RIEN.

Bref, tout ça pour dire que demain, pour la première (et je l’espère la dernière) fois de ma vie d’électeur, je vais aller voter délibérément à gauche. Non, je ne suis pas un gauchiste. Oui, je suis de ceux qui sont convaincus qu’appliqué tel quel la politique économique de Hollande peut transformer la France en nouvelle économie grecque. Mais comme l’a dit avec brio Julien Crouzet (un autre militant UMP ayant choisi de dire non à la vague brune et d’appeler à voter Hollande demain), je préfère que la France devienne une autre Grèce plutôt qu’une autre Autriche. L’économie est capitale dans un pays. Mais pas au prix de son honneur, de sa morale, et d’une quelconque approbation du petit racisme ordinaire. Et puis soyons fous, espérons que ces 5 ans de gauche permetront au moins de faire quelques avancées essentielles que la droite semble trop frileuse (ou trop gangrénée par certains de ses conservateurs extrémistes du catholicisme comme religion d’Etat) pour prendre, comme le mariage gay, l’homo-parentalité, l’indépendance de la justice, le transfert du problèmes des stupéfiants du pénal à la santé publique. Et dans 5 ans, espérons, un retour a une vraie droite qui n’oublie pas que les seules frontières qui comptent sont les frontières de la morale humaniste sur lesquelles Sarkozy semble prompt à déféquer et pour lesquelles il ne veut pas abroger Schengen.

Gens de gauche ? (Si si, je sais qu’il y en a au moins deux qui me lisent) Ne croyez pas cette élection pliée. Ne faites pas l’erreur de sous estimer le racolage des idées nauséabondes. Demain, votez en masse pour votre poulain, ne restez pas chez vous en pensant que c’est de toutes façons gagné d’avance.

Gens de droite ? De la VRAIE droite ? Si vous vous rappelez que la droite, c’est la liberté individuelle, l’ouverture des frontières et des marchés, la tolérance plutôt que le rejet, alors demain vous ferez comme moi (et comme les gauchistes en 2002). On se met une pince à linge sur le nez, on se rappelle qu’il y a des valeurs morales sur lesquelles on REFUSE de s’assoir, et on met un bulletin Hollande dans l’enveloppe, pour faire barrage à la vague brune et à ce candidat désespéré et désespérant qui nous salit, nous injurie en se prétendant de droite et en défendant une politique d’extrême droite. On envoie un message fort aux acteurs de la droite républicaine que même nous, on ne mangera pas de ce pain là. Et pendant les cinq années qui vienne, on donne de la voix pour freiner Hollande (s’il est comme je l’espère élu) dans ses délires budgétaires, et on reconstruit une opposition forte, mais républicaine et PROPRE.

Gens d’extrême droite déguisés en gens de droite et portant une carte UMP ? Récoltez, je l’espère, les fruits de ce que vous avez semé. Vous avez perdu votre honneur et votre âme. Je n’ai jamais autant souhaité vous voir perdre l’élection.

J’espère que demain m’apportera cette victoire amère du candidat de gauche.

NON À LA VAGUE BRUNE.

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La citation du jour: « C’était entre le cul de la poule et la mimolette donc c’était difficile à retenir. »
La chanson du jour: Porcherie, Bérurier Noir, « La jeunesse emmerde le Front Nationale ! La jeunesse emmerde tous les Nazis ! »

Même si ça me fait un peu mal au cul d’aller voter délibérément à gauche demain, la vie est belle !

Méluche président!

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Si vous suivez régulièrement mes petites larmes nocturnes (ou tout du moins mon Twitter, vu qu’en ce moment, des larmes nocturnes, je n’ai pas vraiment le temps d’en écrire), vous n’êtes pas sans savoir que depuis plusieurs mois je suis dans l’errance politique vis à vis de mon vote du premier et du second tour de l’élection présidentielle qui nous tombe avec imminence sur le coin de la djeule. Jadis résolument de droite et libertaire, j’étais assez… navré, dépité, désolé, de ne voir aucun candidat répondre vraiment à mes aspirations politiques (et si j’en vois un dans l’assistance pour prétendre que Sarkozy est de droite, je vous envoie au coin avec le bonnet d’âne et comme punition une dissertation en trois copies doubles minimum expliquant comment selon vous un candidat militant et agissant pour Hadopi, Loppsi, ACTA, les peines plancher, et le fichier biométrique des gens honnêtes peut correspondre à un programme de droite dont la valeur principale est, rappelons le, la liberté individuelle.)

Bref, libertaire et désabusé, je ne savais pas vraiment pour qui voter, si ce n’est pour ce candidat de mes rêves, « Déménagement 2012« , dont le programme est la fuite de ce pays si joli et à la culture jadis si forte devenu aujourd’hui une usine à intolérance, à repli sur soi, à rejet de l’autre, et à la PEUR d’autrui. A quoi bon la justice, quand on a la vengeance. Ma seule certitude était, quoi qu’il arrive, de ne pas vouloir voter Sarkozy. Cinq ans, j’ai déjà donné.

Fort heureusement pour moi, j’ai la chance d’avoir dans ma timeline Twitter – entre deux Sarkozystes et trois pro-Hollande (et un quatrième pro-Hollande aussi, mais pas le même, c’est juste un fumeur de cannabis) – un couple d’amis ayant été si radicalement convaincus par les discours du candidat communiste à la mode (enfin, à la mode partout sauf à la télé, il parait qu’il est boudé, mais moi je m’en fiche, je n’ai plus la télé depuis 2004) qu’ils sont devenus tout deux une espèce de couple-sandwich (comme un homme sandwich, mais en couple) du candidat du front de gauche. Front de gauche ! « Pensez vous, un communiste ! » tremblait déjà le libertaire capitaliste que je suis j’étais. J’ai même été personnellement prompt aux trolls à leur égard pour les taquiner pendant quelques semaines, la demoiselle du couple étant une ancienne de droite convaincue avant de virer récemment de bord (mais gentil lecteur, aimable lectrice, ne lui en veut pas et pardonne lui, elle ne sait pas ce qu’elle fait : elle a cru, comme 99% de la France, que la droite, c’était ce que représentait Sarkozy).

Et puis j’ai décidé d’arrêter la critique facile et de réfléchir, un peu. De lire VRAIMENT le programme de ce Méluche dont ils me vantaient les mérites. D’écouter avec intelligence et attention ses 9 meetings par jour enregistrés et retweetés par le couple, postés sur leurs murs Facebook (et, je suppose, sur Google +, mais étant malheureusement pour moi quelqu’un de civilisé, Google + est un endroit que je ne fréquente pas, donc je ne peux pas vérifier).

Et là, le déclic.

En quelques minutes de parole, le candidat du peuple m’avait convaincu. J’affirme donc maintenant avec force et conviction : OUI, je vais voter Mélenchon au premier tour (et, croisons les doigts, au second !). Parce qu’avant d’être un beau parleur et un magnifique manipulateur de masse, Mélenchon est avant tout leur candidat, ton candidat, mon candidat, NOTRE candidat, bref, le candidat du peuple, mais surtout le candidat d’un programme. C’est avec ce programme qu’il convainc les gens. Et c’est avec celui ci (enfin des extraits, hein, je ne veux pas faire de copier coller, j’aurais des problèmes avec la Hadopi vu que Mélenchon ne l’a pas encore abrogée à l’heure où j’écris ces lignes) que je veux aujourd’hui moi aussi tenter de vous convaincre, et de nous rejoindre dans le prochain grand rassemblement citoyen comme leur récente « prise de la Bastille » si émouvante, et qui me met encore les larmes aux yeux (d’autant plus que, ayant du sang noble, l’image de la prise de la Bastille est particulièrement chère à mon coeur et représentative de mes valeurs) :

* Le SMIC à 1700 euros. Il l’a dit, il le fera. Mélenchon prend son stylo bic dès qu’il est président et, quitte à ce que ce soit sur un coin de table, il écrit « SMIC : 1700Euros », et il dédicace. Oh, je vois que tu es en train de te moquer, économiste lecteur, hautaine lectrice. Tu vas me dire que systématiquement en France, toutes les grosses hausses du salaire minimum (25% en 1981, et 35% en 1968 par exemple) ont été accompagnées d’une énorme inflation des prix du quotidien (prix du pain, des fruits et légumes, des loyers, de la viande) d’une valeur proportionnellement supérieure à l’augmentation du salaire en question, pour une balance finale d’un pouvoir d’achat MOINS élevé pour les ménages les plus en difficulté. Tu vas me dire que cette « règle » (comme s’il pouvait y avoir des règles en économie) se retrouve à l’identique dans absolument tous les pays du monde avec un salaire minimum (en Angleterre par exemple, ou même en Chine à l’heure actuelle où la hausse des salaires moyens dans les usines fait s’envoler l’inflation). Tu vas même me prétendre, chiffres économiques à l’appui, que plus le salaire minimum est élevé dans un pays, plus la proportion de population active se retrouvant en effet condamnée à toucher ce salaire minimum est large. Oui, peut être. Mais ces lois n’avaient pas été signées avec le stylo de Mélenchon. Et ça, grâce à ce stylo, tout peut changer.

* Salaire maximum et revenu maximum. Au dessus d’un certain seuil, le taux d’imposition passe à 100%. C’est le fameux « travailler plus pour gagner autant » scandé dans les grands rassemblements citoyens de Méluche, fédérateur au possible, et donnant envie de faire toujours plus. C’est la logique même : ceux qui touchent plus de 30 000 euros par mois sont taxés à 100% de ce qui dépasse. Cela concerne environ 15 000 personnes en France, donc finalement peu de voix dans les urnes, on peut se permettre de les sacrifier politiquement sans baisser dans les sondages, et surtout, merde, avec autant de pognon, ils ne vont pas nous chier une pendule si on leur laisse déjà leur 30k. Tu saurais quoi faire toi, avec plus d’argent que 30k ? Moi non plus. En plus, l’avantage c’est que ces gens (les grands patrons du CAC 40 pour la plupart) ont un esprit patriote et seront heureux et ravis de se séparer de cet argent pour le bien du peuple. Et puis après tout, avec autant d’argent, ce n’est pas comme si ils pouvaient tout simplement déménager et fuir le pays pour payer leurs impôts ailleurs, ou tout simplement investir dans d’autres pays que la France. Certaines rumeurs prétendent que Mélenchon voudrait d’ailleurs faire voter des lois contre les exilés fiscaux, mais vu que dans son programme il y a écrit noir sur blanc qu’il est contre les lois liberticides, ça doit être une rumeur. Et tout cas pour voir un bel exercice de rhétorique, je vous conseille la vidéo où Mélenchon explique sa mesure de la taxe à 100% à Jean-Pierre Elkabbach et Alain Duhamel, elle vaut le coup d’être regardée ==> clic ici <== !

* Rupture du traité de Lisbonne, dénonciation du MES : L’Europe est une force, mais elle fait chier, quand même, un peu, parfois. Sous prétexte que l’Europe se cadre dans une économie mondiale, avec des capitaux transitant aussi par l’Amérique et l’Asie, les institutions européennes s’estiment en droit de réclamer certaines garanties économiques de la part des pays, outrepassant honteusement la souveraineté nationale. Mélenchon a le courage de dire stop, et je suis maintenant convaincu que s’il devient président, il saura faire un doigts d’honneur au MES et continuer à endetter le pays (pour son bien). Le charisme de l’homme et le rayonnement international actuel de la France font que tous les autres chefs d’Etats Européens seront séduits et applaudiront des deux mains ce mépris des règles qu’ils ont émis ensemble. Après tout, on se souvient tous que Margaret Thatcher, cette grande communiste, avait également été applaudie à chaque fois qu’elle avait tourné le dos (et les deniers) à l’Europe. Croire que l’Europe pourrait, en rétribution, couper les vivres de la France et cesser de financer son agriculture, par exemple, serait ridicule : qui en Europe pourrait en vouloir au paysan français avec sa moustache pittoresque et ses veaux si mignons ?

* Emprunter plus pour endetter plus. Equilibrer un budget ne fait pas partie de notre culture, et ça, Mélenchon a le courage de l’avoir compris. Mais quitte à emprunter à tour de bras et à creuser d’année en année un déficit qui sera remboursé, si si, un jour, quand la croissance reviendra à 20%, autant le faire à des taux préférentiels. Plutôt que d’emprunter aux banques (à des taux de plus en plus élevés avec la perte du AAA par les agences de notations qui ont le culot de sous entendre qu’on ne sera bientôt plus capables de rembourser quoi que ce soit), Mélenchon va emprunter à la BCE au même taux que les banques, à 1%. Et ce qui est génial, c’est que comme Mélenchon ne dira pas « s’il vous plait », mais l’écrira noir sur blanc avec le fameux stylo (voire ci dessus), la BCE sera forcément d’accord, et tous les autres pays européens aussi. C’est ça qui est cool, et qui rend cette mesure crédible, beaucoup plus que, oh, équilibrer un budget. En France, voyons. Vous n’y pensez pas.

* Les référendums: Place au peuple ! C’est cette mesure qui a fini de me convaincre du bien fondé de la candidature de Mélenchon. La démocratie est trop « représentative » en France, on ne demande pas assez son avis au peuple. Nous sommes un peuple fort de soixante cinq millions d’experts pluridisciplinaires en économie, en droit, en justice et en morale. Il est important que le peuple ait son mot à dire dans les grandes décisions affectant la France de tous les jours. L’avantage, c’est que comme le taux d’abstention est toujours extrêmement bas dans nos élections, ces décisions seront VRAIMENT représentatives du peuple. Et le peuple, dans sa masse, est plus intelligent et plus juste que les élites fascistes qui nous dirigent. Souvenez, grâce au peuple et au référendum, nous avons pu dire non à la Constitution Européenne, laissant toute latitude aux pays individuels à gérer avec brio la crise économique qui s’est abattue sur nous il y a quelques années. Et n’oublions jamais que si on avait pris plus souvent l’habitude de consulter le peuple, nous n’aurions jamais ratifié des lois aussi stupides que l’abolition de la peine de mort en 1981 (63% de la France étaient contre) ou la dépénalisation de l’IVG en 1975. Après tout, ces lois à l’époque faisaient de nous, internationalement, des pays progressistes, et essayer de proposer des lois intelligentes et progressistes contre l’avis du peuple (homoparentalité, transfert des capitaux de la lutte contre les stupéfiants d’un terrain pénal répressif à un terrain médical de santé publique, privilégier l’hôpital psychiatrique à la prison) pourrait nuire à l’image déplorable du pays à l’étranger que nous avons méticuleusement construit durant 5 ans de Sarkozysme.

Ce ne sont là que les mesures qui me semblent les plus importantes et les plus crédibles du programme de Mélenchon, en tout cas ce sont celles qui m’ont convaincu de voter pour lui et de militer maintenant pour lui, pour une belle France du peuple. Une France qui emprunte, une France qui préfère penser « France » plutôt que « Europe » ou « Monde », une France qui favorise l’inflation pour que même les ménages bourgeois se retrouvent au même niveau de précarité que les ménages les plus modestes pour plus d’égalité dans notre pays, une France Robin des Bois qui prend l’argent des riches pour les donner aux fonctionnaires, une France qui sait que Madame Michu est la mieux placée pour prendre de grandes décisions économiques, bref, ta France, ma France, NOTRE France de demain. Pour les curieux qui veulent en savoir plus, écoutez ses meetings, contrairement aux autres candidats vous n’y entendrez ni langue de bois, ni tentatives de manipulation (il le dit lui même, c’est donc que c’est vrai!), je vous conseille juste la lecture préalable d’un magnifique petit livre d’exercices pratiques qui vous aidera encore mieux à les comprendre et à les décripter, vous verrez, chacune de ses ficelles sont expliquées dans le livre, chacun de ses meetings en est un cas d’école. Lien Amazon vers le livre d’aide à la lecture de meetings Méluchiens.

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La citation du jour: « Le point noir, c’est comme un bigorneau ! »
La chanson du jour: L’internationale, Eugène Pottier, « Ouvriers, Paysans, nous sommes le grand parti des travailleurs. La terre n’appartient qu’aux hommes, l’oisif ira loger ailleurs! C’est de nos chairs qu’ils se repaissent ! Si les corbeaux, si les vautours un de ces matins disparaissent…. La terre tournera toujours.»

Même si Mélenchon a quand même quelques vraies bonnes idées au milieu de son programme catastrophiquement irréaliste et que c’est dommage, la vie est belle !

Démocratie Imparfaite

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Au cas où certains d’entre vous se réveilleraient à peine d’une cuite épique du réveillon de la Saint Sylvestre, nous sommes en 2012.

Au cas où certains d’entre vous reviennent à peine d’un exil en ermite au fin fond d’une cave, et découvrent à leur retour Internet et mon blog, 2012 est l’année des présidentielles, aux Etats-Unis, certes, en Novembre prochain, mais surtout en France.

Bien que j’aie relativement calmé le jeu au niveau des articles vaguement politiques (je n’ai jamais été particulièrement « militant » ici), fidèle lecteur, régulière lectrice, tu sais si tu fréquentes ces lieux depuis plusieurs années que mon coeur est à droite (notez que j’ai dit « droite » hein, pas UMP, faut pas confondre, il n’y a aucun parti de droite en France), plutôt libéral mais à petite doses, mais en revanche complètement libertaire. Si le permis de conduire est clairement le facteur numéro un m’ayant fait attendre ma majorité lorsque j’étais mineur (a long time ago, in a galaxy far far away…), le combat au finish a été serré avec le numéro deux, ma carte d’électeur. Depuis l’obtention de cette carte il y a bientôt quinze ans, j’ai suivi religieusement tous les appels au vote, et me suis déplacé pour aller voter même aux élections gagnées (ou perdues) d’avance, même pour celles qui me semblaient insignifiantes. En quinze ans, j’ai manqué en tout et pour tout DEUX élections, et dans les deux cas malgré ma légendaire procrastination ce n’était pas par flemme, c’était par choix « politique » et surtout *MORAL*, et dans les deux cas je m’en suis expliqué ici longuement à l’époque (et pesant dans la balance le fait qu’en France, le vote blanc n’est toujours pas reconnu comme suffrage exprimé, et que RIEN ne change en pratique dans les chiffres nationaux entre un électeur qui vote blanc et un électeur qui reste chez lui, ce qui reste à mon humble avis un scandale). Le fait de voter est important pour moi parce que malgré mon égo sur-dimensionné, je suis convaincu par le régime politique de la Démocratie (même si utiliser ce mot est un abus de langage : nous ne somme pas en « Démocratie » mais en « Démocratie REPRÉSENTATIVE », qui en pratique fonctionne comme une oligarchie assumée).

Sauf que.

Sauf que, en ce moment, j’ai mal au pays. Et je ne suis pas le seul, d’ailleurs. Et ça se voit, même (surtout!) à l’extérieur. Depuis 2006, le brillant magazine The Economist (dont mes anciens élèves, s’ils passent encore dans le coin, doivent bien se souvenir vu le nombre de textes tirés de ce journal sur lesquels je les ai fait bosser!) dresse un indice mondial des démocraties, notées de 1 (Régime autoritaire) à 10 (« Vraie » démocratie), et concernant 167 pays. Actuellement, le pays le moins bien classé est, ô surprise, la Corée du Nord (note de 1,08 / 10) et le mieux classé est la Norvège (9,80 / 10). La France, lors du dernier classement, a été rétrogradée à la 29 ème place, derrière l’Afrique du Sud, et a perdu son rang de « Démocratie » au profit du titre de « Démocratie Imparfaite« . Et ça vois tu, effaré lecteur, étonnée lectrice, ça m’importune beaucoup plus que la perte du AAA dans les agences financières. (source: ici ou encore ici pour les anglophobes)

Le pays, politiquement, va très mal. Système social complètement bancal (Bonne couverture sociale + beaucoup d’impots ça fonctionne, comme en Suède. Peu de couverture sociale mutualisée par l’état + peu d’impôts ça fonctionne, comme aux USA. Bonne couverture sociale + peu d’impôts, on ne voit ça qu’en France à travers le monde et OH SURPRISE ! Ça ne fonctionne pas!!!), régression au quotidien des libertés individuelles, défense des intérêts des lobbys plutôt que de ceux de la culture et du peuple (Hadopi et la tentative de l’exporter, soutien unilatéral du traité ACTA), instauration petit à petit d’un état policier à la limite du totalitarisme (fin de l’indépendance de la Justice, sommée d’obéir aux ordres du ministère, vote dans l’indifférence la plus totale d’un fichier biométrique de 60 millions d’innocents présumés), muselage de la liberté d’expression *ET* de l’art (articles de blogs et commentaires censurés à la demande de ministres, instauration du délit d’outrage au drapeau, filtrage invisible en amont de certains sites forcé aux ISP) bref, ça sent le pâté.

Vous allez me dire : tant mieux ! Bientôt les élections !

Sauf que je ne sais pas si vous suivez un peu les médias ou ce qui se trouve dans le panier à salade, mais qu’il y ait ou pas une passation de pouvoir en 2012, nous irons de Charybde en Scylla, les candidats actuellement déclarés étant plus ou moins bonnet blanc et blanc bonnet pour le pays. Si l’UMP (notez que je ne dis pas « la droite » hein. Droite ça veut dire « liberté » en valeur principale, et relisez le paragraphe précédent et ma remarque sur le totalitarisme avant d’essayer de me convaincre sans succès que l’UMP est encore un parti de droite) reste au pouvoir, la probabilité d’avoir une économie A PEU PRÈS stable est raisonnable, mais il y a fort à parier que la pente glissante vers le totalitarisme se transforme en glissement de terrain. Si le PS prend le pouvoir (notez que je n’ai pas dit « la gauche » non plus) le pays court à la ruine économique, et si certaines avancées humaines sont probables (je pense notamment au mariage gay pour lequel la France fait figure de mauvais élève mondial, même si elle n’est pas seule dans ce cas), son candidat a déjà prouvé qu’il se moque des notions d’indépendance et de liberté en ne voulant pas abroger Hadopi et en incluant dans son programme de nombreuses mesures coercitives qui caressent ma fibre libertaire à rebrousse poils.

Et les autres, me direz vous ? S’il est possible, voire probable, que malgré ses nombreuses démonstrations publiques de son incompétence Marine Le Pen se retrouve au second tour, elle ne sera JAMAIS élue. Un ficus rempoté avec un carton « ne votez pas pour moi ! » gagnerait au second tour contre Marine Le Pen. Quant aux « petits » candidats, si certains sont moins terribles que les favoris en course, aucun n’a actuellement le potentiel réaliste d’aller au second tour.

En conséquence de quoi, révulsé par ce que Sarko, Besson, Morano, Pecresse et autres Hortefeux ont fait de l’UMP depuis la fin de l’ère Juppé, écoeuré par les perspectives d’une « Team Hollande » remplie des éléphants du PS et toute aussi esclave des lobbys que l’UMP actuel, je songe sérieusement, délibérément, à ne pas voter en 2012.

Oh, j’irai certainement voter au premier tour. Pour le principe, déjà. Pour un petit candidat, un peu par dépit, sans conviction de le voir passer au second tour. J’aurais probablement voté Borloo si la machine UMP ne lui avait pas fait le coup de la mafia italienne, tuant sa candidature dans l’oeuf. En son absence, je voterai sans doute Villepin ou Bayrou. Mais quelles que soit les configurations de second tour actuellement considérées comme « probables », je ne pense pas que je m’y déplacerai. Un peu comme si on me demandait de choisir entre la mort par éviscération et la mort par suffocation, quoi. Les deux ont la même conséquence et sont toutes aussi douloureuses, alors à quoi bon choisir ? Il n’y a pas de bonne solution. Et ça me bouffe.

Si je vivais seul, tel la noblesse de France à l’aube de l’été 1789, j‘aurais fui. Angleterre, Etats-Unis, voire – plus proche – Luxembourg, tout sauf ici. Mais je suis fiancé et malheureusement – seul et immense point négatif à mon bonheur – l’étoile qui donne de la lumière à mes nuits (c’est beau hein ? Attendri lecteur, émue lectrice, je sais que tu viens aussi ici pour mes jolies métaphores) se retrouve bloquée en France pour ses études (étudier à l’étranger lui fait peur) et il est hors de question que je m’éloigne d’elle. Du coup je me retrouve bloqué dans un pays qui, jour après jour, me révulse de plus en plus, voire commence à me faire PEUR, pour plusieurs années encore, et c’est une douleur permanente *ET* grandissante pour moi, que seul mon amour pour elle rend acceptable. Mais croyez moi que ça me fait mal de payer autant d’impôts quand je vois (et désapprouve) ce à quoi ils servent. On devrait pouvoir être objecteur de conscience fiscal, et refuser de payer l’impôt (et de recevoir toute aide, donnant/donnant) lorsqu’on le trouve mal employé. Mais on ne peut pas, alors je paye.

Mais cette année, au second tour, qu’on ne me demande pas de me déplacer pour choisir entre la peste et le choléra.

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La citation du jour: « Au moins il dort tout le temps, sauf quand il ne dort pas ! »
La chanson du jour: La Mauvaise Réputation, Georges Brassens, « Le jour du Quatorze Juillet je reste dans mon lit douillet. La musique qui marche au pas, cela ne me regarde pas. »

Même si ça fait mal au coeur de me dire que de plus en plus mon pays deviens un pays de merde, la vie est belle !

World War Web: ne pas se tromper de cible

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Depuis hier soir, un boulet de canon médiatique aura fait disparaitre presque toute mention des ratés de Free Mobile et de leurs non-cartes SIM, et réalisé la performance de rendre une keynote Apple absolument invisible sur Twitter.

Ce boulet de canon, c’est la fermeture du site de partage de fichiers pas-toujours-légaux-mais-parfois-si-quand-même Megaupload. J’étais tranquillement en train de jouer à WoW sur le mac, regardant Twitter d’un air distrait entre deux pulls de boss, lorsque l’effervescence a commencé. « Megaupload fermé », « Plus de Megaupload », et autre déclinaisons, en boucle, avec quelques articles relayant l’information (dont la BBC, l’un des premiers media « sérieux » à couvrir le sujet de manière intensive) comme quoi ce n’était pas une panne technique mais bien une fermeture suite à décision de justice.

La réaction ne se sera pas fait attendre. Ralliés sous la bannière des Anonymous, Internet réagit massivement à la fermeture de ce site correspondant, si l’on en croit certains chiffres, à 4% du traffic mondial à lui seul. Attaques informatiques sur les entités perçues comme « coupables », les sites en question tombent un par un : site du département de justice américain, site de Universal, notre immondice française Hadopi, et même le site du FBI n’y aura pas échappé. Certains seront restés offline plus longtemps que d’autres, mais la riposte « pour le principe » en tout cas était réussie.

Aujourd’hui encore Megaupload était le sujet de discussion favori de l’Internet francophone, même s’il faut avouer que la plupart des messages que j’ai pu voir passer sur les réseaux sociaux ou dans les médias étaient aberrants de raccourcis et de manque d’objectivité ou, vous savez, de connaissance des FAITS. Et il y a eu un net clivage entre les « wééééééééééérévolutiooooooooon » d’un côté pour qui Megaupload était un messie maintenant devenu martyr sur l’autel des vilains patrons, et d’autres pour lesquels Megaupload était le Fils de Satan(tm) et qu’il fallait s’en réjouir même si on était un djeuns rebelz.

Comme souvent dans les combats d’extrêmes, la Vérité ™ se trouve grosso modo à mi-chemin. Mais avant d’aller plus loin dans mon avis personnel propre de moi même (qui vous intéresse forcément, sinon vous seriez sur lemonde.fr ou nytimes.com, alors patientez deux minutes que je finisse l’intro ^_^), il me semble important de rappeler plusieurs choses, parce que j’ai lu des élucubrations qui feraient s’arracher les cheveux à un chauve.

A) A part la date qui coincide peu ou prou avec les opérations de blackout anti SOPA et PIPA, la fermeture de megaupload n’a absolument RIEN à voir avec ces deux projets de loi. C’est une opération judiciaire de longue date mise en place a travers une coopération entre de nombreuses polices internationales qui a fait mettre la clef sous la porte de Megaupload, c’est en cours depuis des mois (c’est LENT, la justice mondiale), et tout a été fait avec les lois déjà existantes.

B) Ce n’est pas Obama qui est venu appuyer sur « off » sur les serveurs de Megaupload. J’aurais tendance à dire, « au contraire », la dernière action en date d’Obama en matière numérique est justement – à l’opposé INTEGRAL de notre président déconnecté des réalités qui cherche à promouvoir sa bouse Hadopi à travers le monde, soit dit en passant – de *TUER* le projet de loi SOPA au Congrès. La Maison Blanche a émis mardi un communiqué expliquant qu’Obama ne promulguerait jamais SOPA en l’état, et qu’il était prêt à – je cite – « défendre vigoureusement un Internet ouvert basé sur les valeurs de la liberté d’expression, du respect de la vie privée, de la sécurité et de l’innovation ». Pour les anglophones, je vous invite à ==>lire la déclaration de la Maison Blanche<== avant de faire des raccourcis. Personnellement, j’échange mon président contre le leur QUAND ILS VEULENT (mais ils ne voudront pas).

C) Si le côté « Bouh-le-piratage-c’est-le-mal » est fortement mis en avant dans le procès contre Megaupload, pour faire peur et pour faire passer le message des lobbys, ce n’est pas principalement pour ça que megaupload ferme. C’est surtout pour les (réelles) malversations de son fondateur, et les couilles en or qu’il s’est fait sur le dos (un petit peu) des major et sur le dos (beaucoup) de ses utilisateurs. J’y reviens plus bas, mais gardez cela en tête.

Maintenant j’en viens à mon opinion. La fermeture de Megaupload, dans le fond et la forme, est à la fois une très bonne chose, et quelque chose d’absolument horrible. Oui, les deux en même temps. J’explique.

Pourquoi est-ce une bonne chose ?

Je n’ai jamais caché dans mes articles être plutôt contre le piratage. Certes, on pourra m’accuser assez facilement de me ranger du côté des majors, vivant moi même exclusivement de ma plume depuis plusieurs années. Mais ce serait mal me connaitre. S’il y a bien une chose que j’aime encore MOINS que le piratage, ce sont les politiques actuelles des majors, et la répression stupide et inutile dudit piratage. Je préfère une responsabilisation des gens. Je reste convaincu que si on ne les prend pas pour des cons, les gens qui ont les moyens de soutenir la culture et les artistes le feront, et le font, d’ailleurs. Il n’y a jamais eu autant de monde dans les concerts que ces dernières années. Des auteurs peuvent écrire des livres et les publier sur Internet en étant rémunérés sans passer par les maisons d’édition. C’est un peu comme un contrat moral, et je sais d’expérience que dans notre société de consommation, les gens sont HEUREUX de soutenir ce qu’ils aiment avec leurs deniers. Qui parmi vous n’a jamais acheté un best of de son artiste favori malgré le fait qu’il ou elle possède déjà l’intégrale de ses albums ? En revanche, surtout dans un contexte de baisse du pouvoir d’achat, je trouve dommage *et* dommageable que l’argent soit un frein à l’accès à la culture et à l’éducation, surtout chez les plus pauvres et chez les plus jeunes à l’argent de poche limité. Que ces gens là téléchargent à tout rompre ne me choque pas, et si je suis prompt à froncer les sourcils (pour le principe) quand on me l’avoue, je sais que la majorité d’entre eux est également consommateur, ou en tout cas le sera dès leur entrée dans la vie active ou l’augmentation de leur pouvoir d’achat (en revanche, ceux qui téléchargent malgré la possibilité matérielle d’acheter, ou pire, qui utilisent le récurrent « je préfère garder mon argent pour m’acheter le dernier Galaxy Tab » comme excuse n’ont qu’à croupir au plus profond de mon mépris, tu n’achètes pas une Porsche au lieu d’une Fiat Punto en faisant un plus gros crédit et en te disant que tu peux payer la voiture mais que t’auras qu’à voler l’essence à la pompe). Toutes les études le disent : les plus gros pirates sont les plus gros clients payeurs de l’industrie culturelle.

Alors pourquoi est-ce une bonne chose, donc ? Je te vois, jeune lecteur, sexy lectrice, t’impatienter et me dire que mon paragraphe précédent n’explique rien du tout et n’a rien à voir avec la choucroute et tu as RAISON, je me laisse emporter, je reviens au sujet. Le fait que je sois plutôt contre le piratage sauf exceptions ci dessus, donc, n’a rien à voir avec le fait que je trouve ça plutôt cool que monsieur Dotcom se retrouve potentiellement devant les tribunaux. Parce que s’il y avait des usages légitimes de Megaupload, soyons honnêtes, ce n’était pas la majeure partie du traffic du site. Mais surtout, ce dont est accusé le fondateur est d’avoir encouragé délibérément le piratage de masse à des fins purement lucratives. Et s’il y a une chose qui m’énerve encore plus que les majors de plus en plus inutiles qui se font des couilles en or sur le dos des artistes et des honnêtes payeurs, ce sont les entrepreneurs qui se font des couilles en or sur le dos des artistes et des utilisateurs naifs, drainant via publicité et comptes premiums de l’argent qui, au lieu de se retrouver au moins un petit peu dans la poche des artistes, sert à financer la villa en Nouvelle-Zélande de monsieur Dotcom. Pour info, elle ressemble à ça, sa villa :

Plutôt pas mal hein ? Il peut se le permettre, avec près de 200 millions de dollars de recettes des comptes premium de Megaupload, engendrés par un business model délibérément construit sur l’illicite, les conversations email du fondateur révélant qu’il était non seulement explicitement au courant de l’immense majorité de fichiers piratés par rapport aux fichiers licites sur Megaupload, mais que de plus cette pratique était sciemment encouragée, les fichiers n’étant jamais détruits (mais seulement déplacés sur les serveurs, avec nouveaux liens) lors d’une injonction de justice contre un fichier, et les plus gros uploaders recevant une compensation financière directe de Megaupload pour continuer leur business, et donc le leur. Sur le principe, gagner de l’argent illicitement, c’est bien qu’il soit jugé, et c’est d’autant mieux que c’est de l’argent gagné illicitement sur la naïveté des gens en se faisant passer pour Robin des Bois en n’étant en fait qu’un plus gros pourri que le Sheriff de Nottingham. Soit dit en passant, je suis certain que les utilisateurs ayant payé un compte megaupload premium aurait de bon coeur versé la même somme pour une licence globale aux dividendes reversés aux artistes. Je dis ça, je dis rien, cf plus haut le principe des bons payeurs quand on n’est pas pris pour des cons.

Mais alors pourquoi est-ce que la fermeture de Megaupload est aussi une mauvaise chose, vas-tu me demander, charmant lecteur, pulpeuse lectrice, maintenant que mon habile rhétorique a réussit à te convaincre que Megaupload méritait d’être lapidé en place publique ? J’y viens.

Déjà parce que c’est bel est bien le fondateur de Megaupload, qui mérite la comparution devant un juge. Pas son site. Certes, Megaupload avait un traffic majoritairement illicite, mais il avait aussi un usage licite, et le site en lui même est « neutre ». Quand John Lennon a été assassiné, Mark David Chapman a été en prison mais son revolver, lui, n’a pas été accusé directement. Détruire l’outil en même temps que le crime est totalement contre-productif. Déjà, au niveau de la forme. Certes, si tu as suivi, la fermeture de Megaupload n’a rien à voir avec SOPA et PIPA (mais si, tu as suivi, je te l’ai expliqué au dessus !) mais dans une période où ces projets de loi inquiètent à juste titre une bonne partie des américains et du reste du monde, voir la fermeture de l’un des sites les plus visités au monde, sans sommation, avant tout procès, et avec la coopération de plusieurs gouvernements mondiaux fait peur, et à juste titre. Le printemps arabe et les dictatures renversées grâce au pouvoir de Twitter et d’Internet ont ouvert les yeux à de nombreux dirigeants ou rouages importants du « système » sur les capacités de rassemblement et de communication de cet outil merveilleux. Internet, c’est un peu le contraire de la télévision : plutôt que de vous abrutir et de vous isoler en solitaire, cela vous incite à communiquer et à vous éduquer, vous informer.

Et ça, ça fait mal à la dystopia Orwellienne en train de se contruire depuis des décennies. Donc il y a de plus en plus de tentatives de contrôle et de projets de loi visant à donner aux gouvernements la possibilité de museler Internet comme Megaupload a été muselé. Et c’est *MAINTENANT* qu’il faut réagir, et réagir aussi fermement que les peuples qui ont renversé les dictatures, parce qu’avec trop de laisser faire, il sera trop tard. On va chercher à vous vendre ces lois avec la pilule de la sécurité ou de la responsabilité, ou mieux encore : avec l’excuse de la lutte contre la pédopornographie, mais ne vous y leurrez pas ! La pédopornographie, en vrai, ils n’en ont rien à foutre, ou presque, et qu’on ne vienne pas m’accuser d’être un « conspiracy theorist » en disant cela, vous ne me ferez pas croire que les MILLIONS de dollars dépensés pour réussir à fermer Megaupload et à coffrer leur auteur n’aurait pas pu être dépensés pour ne coffrer ne serait-ce que UN réseau pédophile à la place si c’était vraiment leur priorité. Seulement voilà, on connait le lobby des majors et leurs poches pleines de pognon pour les politiciens en manque de soutien. Le lobby des gamins violés, curieusement, il a moins de millions à dépenser dans les poches des gouvernements, lui.

Sur la forme, donc, c’est le mal, puisque c’est du muselage en règle d’Internet alors que Kim Dotcom aurait pu tout aussi bien être jugé sans la fermeture du site. Mais si on peut déplorer tout l’argent que les utilisateurs de Megaupload ont envoyé dans les poches de Dotcom plutôt que dans les poches des artistes, il ne faut pas oublier POURQUOI ces gens ont payé pour leur compte premium. Adolescent lecteur, jeune et jolie lectrice, si tu es née au début des années 90 tu n’as sans doute pas connu les années Napster et ce juillet 2001 où les artistes, Metallica en tête, criaient leur victoire contre le piratage avec le shutdown forcé du plus gros centre de peer to peer de l’époque. Moi, oui, j’étais déjà un grand consommateur d’Internet en 2001. Et si déjà à l’époque malgré mon plus jeune âge j’étais déjà contre le piratage systématique, j’ai néanmoins vu cela comme une défaite de la liberté du réseau, et comme beaucoup j’ai fait parti de ceux qui ont prédit l’arrivée imminente des sites de stockage et des mafias qui tenteraient probablement de faire leur beurre dessus. J’aurais du parier gros, tiens.

Ce que ne comprennent ni les majors, ni les gouvernements (à l’époque j’aurais pu ajouter « ni les artistes », mais fort heureusement ils sont de plus en plus nombreux à ouvrir les yeux aujourd’hui), c’est que leurs « victoires » arrachées à grands coups de lois et à grands coûts (pun intended) de millions de thunes injectées pour les faire voter et les faire appliquer ne servent absolument à rien. Déjà parce qu’ils sont trop lents à réagir, avec leurs millions et leurs lois votées et revotées. Mais surtout que pour chaque centaine de législateurs et de programmeurs assujettis au système, il y a des MILLIERS d’internautes décidés à ne pas se laisser faire. La mort de Napster, contrairement à ce que semblait croire James Hetfield, n’a pas tué le piratage. Le lendemain, tout le monde découvrait eMule. Toute mesure technique pour réprimer le net, si complexe soit elle, n’a jamais tenu plus de quelques jours face à l’intelligence collective du réseau, comprenant AUSSI des législateurs anonymes et des programmeurs anonymes au moins aussi doués que ceux « du camp en face », mais beaucoup plus nombreux. Et le seul résultat est de complexifier sans cesse les outils et les flux utilisés pour laisser les gens libre de faire ce qu’ils veulent faire face à leur propre conscience (rappel : le piratage, c’est le Mal(tm), sauf si tu n’as pas les moyens de te payer cette culture dont tu es avide, auquel cas je fermerai les yeux avec bienveillance, je n’ai jamais su résister aux avides de culture. Oui, cela implique également que les pirates de Christophe Mae et Justin Bieber n’ont AUCUNE EXCUSE).

Le pire, c’est donc que les grands gagnants de la fermeture de Megaupload, ce ne sont même pas les majors, ni même les gouvernements alliés pour la défense des pauvres artistes (ahem). Ce sont justement les réseaux de pédopornographie et autres horreurs dont je parlais plus haut, maintenant que le piratage de musique va devoir se complexifier un cran de plus. Je vous prédit ici la montée en flèche de l’échange de fichiers musicaux et vidéo cryptés et sécurisés, via VPN & co, pour contourner les législations en cours visant à réprimer les megaupload-like maintenant que le peer to peer (qui était le plus SAIN des modes d’échange, puisque le moins enclin à générer du pognon pour les pirates potentiels, même à grande échelle) est de plus en plus contrôlé Hadopi-style, et va donc noyer dans cet immense afflux de bruit numérique crypté les pédo-réseaux qui étaient jusqu’à présent majoritaires à utiliser ces méthodes, et donc (relativement) aisément repérables et pistables. Arrêter un réseau pédophile sur Internet était déjà un travail ingrat et compliqué pour les polices du monde. A ce rythme, d’ici cinq ans, cela sera impossible ou presque. Va repérer le fichier des pauvres gosses torturés avec tes espions quand ces derniers te ramènent l’intégrale de Lady Gaga ou un screener de Bienvenue chez les Ch’ti. Question de priorités, je pense, mais ce n’est pas grave, soutenez Hadopi, c’est pour votre bien, et promis la Lopsi c’est contre les méchants pédophiles, promis, c’est le président qui l’a dit, et il applaudit d’ailleurs la fermeture de Megaupload des deux mains. Défendre le patron d’Universal est sans doute plus important que de défendre une gamine enfermée dans une cave. C’est pour le bien de la culture, il parait.

Les pédophiles, au moins, ils savent déjà pour qui voter en 2012.

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La citation du jour: « Moi j’avais une tête d’ampoule renversée quand j’étais bébé ! »
La chanson du jour: Désenchantée, Mylène Farmer, « Mais rien n’a de sens, et rien ne va… Tout est chaos à côté, Tous mes idéaux : des mots Abimés…. »

Même si ça faisait longtemps que je n’avais pas passé près de trois heures à écrire un article, la vie est belle !

Ô temps ! Suspends ton vol

3

« et vous, heures propices ! Suspendez votre cours :

Laissez-nous savourer les rapides délices des plus beaux de nos jours »

Nous sommes le 3 janvier au moment où j’écris ces lignes de Lamartine, encore entouré de quelques cadavres de bouteilles, d’étoiles multicolores et de ballons. Certes, ceux qui me connaissent un peu pourraient avoir tendance à rejeter la faute sur ma légendaire procrastination et mon talent inné pour esquiver tant que possible les corvées ménagères excessives, mais pour une fois, ce n’est pas le cas…

Dressons le décor, et remettons cette absence de rangement (ou plutôt ce rangement lent et trèèèèèèèès progressif) en contexte. Je ne suis pas particulièrement fan de Noël, au grand dam de la fiancée. Déjà parce que j’ai pris l’habitude de célébrer Yule plutôt que Noël, et parce que cette fête reste pour moi une bad combo entre des efforts mercantiles visant à doper artificiellement l’économie en capitalisant sur une culpabilisation face à l’obligation morale d’offrir à ses proches des cadeaux à ce moment précis* et le symbole du détournement des fêtes païennes par les chrétiens entre le IVè et le Vè siècle de notre ère dans une tentative de manipulation (réussie) pour faciliter la conversion des fidèles. En gros, une fête qui titille à la fois ma fibre anticléricale et ma fibre anti-excès-de-la-société-de-consommation. Elle était mal partie dans la vie. Peut être aussi que je n’ai tout simplement jamais été touché par « la magie de Noël™©« . Quoi qu’il en soit, si je participe de bon coeur à la liesse générale du 25 décembre, c’est plus par instinct grégaire et pour ne pas gâcher la fête de ceux et celles qui apprécient cette fête en tirant la djeule ou (pire encore!) en les privant de ma présence. Oui, je sais, je suis bonté et don de soi. Ne me remerciez pas.

* (je plaide coupable, je reçois des cadeaux et j’en fait de bon coeur, mais je préfèrerais que le « budget Noël » soit affecté tout au long de l’année et qu’il y ait moins de tabous à offrir des cadeaux pour le plaisir quand on en a envie, et inversement à ne pas en offrir le 24 à minuit)

En revanche, une semaine plus tard, jour pour jour, le réveillon de noyelle se transforme en réveillon de la Saint Sylvestre. Et ça, pour moi, c’est l’un des plus beaux jours de l’année. Déjà parce que c’est l’une des rares fêtes qui n’est absolument pas liée de près ou de loin à une quelconque célébration religieuse (OK, techniquement on augmente le compteur d’années par rapport à l’an 1 choisi par convention religieuse, mais sorti de cet écart il n’y a pas plus séculier que cette fête), et aussi parce que c’est une occasion en or de se tourner à la fois vers le passé (bilan de l’année) et l’avenir (bonnes résolutions, espoirs) tout en étant fermement ancré dans le présent (mégateuf avec les potes). Ce mélange temporel en fait une fête absolument universelle et complète à mes yeux. La fête du nouvel an est donc en haut du top 3 de mes dates récurrentes favorites (avec le premier avril et Halloween… Et mon anniversaire, aussi, mais mon anniversaire est une date importante pour TOUT LE MONDE alors ça ne compte pas).

Le fait d’avoir acheté une maison il y a bientôt deux ans m’a permis pour la première fois cette année d’inviter plutôt que d’être invité. Sympathique lecteur, sensuelle lectrice, ne m’en veux pas de ne pas t’avoir invité à la fête, mais mon salon est petit et il n’y avait pas la place pour 200 personnes. C’est donc à une petite dizaine que les dinosaures, la fiancée et moi-même nous sommes retrouvés chez moi pour un bon repas et une soirée jeux-rires-alcool sous le signe de l’amitié. Je pense ne pas être trop prétentieux en disant que malgré quelques petits cafouillages logistiques la fête était très réussie. Beaucoup de gens ont quitté ma tanière avec un sourire aux lèvres, et le mien est toujours peint sur mon visage en mode non-stop depuis trois jours malgré un début de crève (merci Quenta). En ce qui me concerne, c’était mon meilleur réveillon de nouvel an depuis des années, et il figure sans rougir dans le top 3 de tous les réveillons de nouvel an restés dans ma mémoire (les deux autres étant probablement le réveillon massif dans un chalet avec les potes des 4 coins de France il y a trois ans, et un réveillon mémorable avec feu d’artifice maison tiré bourrés près du temple protestant à Metz dans le mépris le plus total des règles de sécurité avec le groupe de potes rolistes avec qui je trainais avant mes dinosaures… mmmmh… Patrick, Robert, Renaud, Dominique et Cédric, vous voici officiellement rebaptisés mes « trilobites« ). C’est donc cette nostalgie rémanente de cette soirée mémorable qui m’empêche de faire le ménage aussi efficacement que je le pourrais (et devrais).

Promis, c’est pas (que) la flemme!

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La citation du jour: « C’est Jean-Luc et Philip, ils m’ont fait boire! »
La chanson du jour: New Year’s Day, U2, « We can break through… Though torn in two, we can be one. »

Même s’il faudra attendre l’an prochain pour remettre ça, la vie est belle !

Un boycott PUR et simple

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Parodie de la campagne Hadopi PUR

En espérant que cette fois ne devienne pas coutume, je vais faire une entorse à mon article habituel du mercredi (vous retrouverez ma semaine de comics demain, du coup) pour parler un peu de l’un des buzz du moment, en l’occurence la création par la Haute Autorité pour la Diffusion des Oeuvres et la Protection des droits sur Internet (la H.A.D.O.P.I., quoi) du label Promotion des Usages Responsables (le label P.U.R.). Oui, chez la HADOPI, on aime bien les acronymes. Du coup je viens avec mes gros sabots vous expliquer pourquoi soutenir cette initiative serait une idée à la Conséquence Observée Néfaste (une idée à la C.O.N.).

En revanche, il ne s’agit pas de cracher dans la soupe pour de mauvaises raisons : il faut savoir POURQUOI on crache dans la soupe. Si depuis l’annonce du label et des publicités lamentables qui ont été présentées pour le promouvoir les articles sur le sujet pleuvent sur la blogosphère et les sites des journalistes, on trouve derrière les moqueries (légitimes) sur la communication ratée beaucoup d’articles qui démolissent le concept même du label PUR. Ma position est relativement complexe, puisque contrairement à beaucoup d’anti-Hadopi « basiques », téléchargeurs du dimanche (et des autres jours de la semaine), je suis résolument CONTRE le piratage systématique des oeuvres artistiques, et si je pense que la loi sur la propriété intellectuelle actuelle est bancale et devrait être aménagée, je suis néanmoins convaincu que le choix du partage massif (ou non) de ses oeuvres doit pouvoir être fait par l’artiste en question. J’aurais personnellement du mal à considérer quelqu’un qui s’opposerait farouchement à ce qu’on partage son art un « vrai » artiste, mais pour moi cela doit fait partie des libertés de cet individu (et notez bien que je parle de l’artiste, hein, pas du label d’édition ou major chez qui il a potentiellement signé).

J’ai déjà parlé sur ce blog de ma vision idéale de la chose (mais bon, c’était il y a plus d’un an donc comme je suis bon et généreux vous avez droit à une piqûre de rappel), pour moi il n’y a pas de meilleure méthode que celle d’artistes comme Jane Siberry, Amanda Palmer, Radiohead et autres Nine Inch Nails, en l’occurence diffuser son oeuvre « gratuitement » mais proposer la possibilité de payer. De cette manière, ceux qui n’ont pas les moyens de dépenser beaucoup d’argent ont quand même une porte d’accès vers la culture, et leur accès gratuit (ainsi que l’accès gratuit de ceux qui ont les moyens mais qui profitent comme des sangsues, ne nous leurrons pas, il y en a beaucoup) est compensé par ceux qui ont les moyens et qui paient, parfois plus que le prix moyen actuel pour une chanson lorsqu’ils veulent soutenir un artiste. Jane Siberry notamment expliquait il y a quelques années que la majorité des gens qui téléchargeaient ses titres ne payaient rien, mais que si elle divisait l’argent collecté par le nombre de téléchargements le prix d’achat moyen de ses titres était supérieur au prix moyen de vente d’un titre sur iTunes à l’époque. Un genre de mécénat moderne, mais qui fonctionne, quelle que soit la taille de l’artiste, pour peu que cet artiste soit doué (et encore, ce n’est même plus une obligation, cf. les millions gagnés par Rebecca Black…)

Dans ce contexte, vous me direz, « mais alors, baron, tu dois trouver ça bien, sur le papier, le label P.U.R. ?« , et vous aurez raison. Oui, sur le papier, je trouve ça bien, le label P.U.R., tant que cela reste un label (genre le label rouge), que la démarche est volontaire de la part du site, et qu’il n’y a pas de discrimination gouvernementale entre les sites labellisés et les sites non labellisés (c’est là que le bât commence à blesser). Je suis complètement pour le fait de mettre en avant les « usages responsables » sur Internet, et féliciter les initiatives qui vont dans ce sens. Oui, MAIS (tu l’attendais, mon « mais », hein ?). Mais la mise en avant de ce label est, déjà, effectuée par une plaquette non relue (cherchez la faute de frappe, ça fait très professionnel) et contient le même tissus de conneries habituellement diffusé par la Hadopi, sur les pauvres artistes tués par le téléchargement par exemple (alors que les études sérieuses sur le sujet s’accordent à dire que plus un individu télécharge, plus il dépense pour sa culture) et surtout le message des spots comme quoi sans Hadopi il n’y aura bientôt plus d’artistes, alors qu’il n’y a jamais eu autant d’art et de création que depuis la démocratisation d’Internet, justement parce que même des artistes moyens (ou doués mais incompris) peuvent aisément diffuser leur message sans avoir à passer par la case « major ».

Mais surtout, même si le message du label PUR était 100% positif, même si les spots de pub étaient réussis, même s’il n’y avait pas de discrimination, ce label serait quand même a éviter tout simplement parce qu’il est impossible de soutenir et de justifier une quelconque initiative provenant de la Haute Autorité. Parce que cet organisme d’Etat, rappelons-le, est à la tête d’un système de répression liberticide et intrusif, aux méthodes discutables, et aux condamnations de fait malgré les preuves apportés et démontrées de nombreuses fois pendant le forcing législatif du texte par le gouvernement qu’une « sécurisation » WiFi complète était techniquement impossible (puisque techniquement c’est justement le « défaut de sécurisation » qui est puni, pas le piratage, *sic*) et qu’il était aisé de falsifier une adresse IP ou d’en injecter au hasard dans les mailles des filets des mouchards au service de la Haute Autorité, rendant possible et PROBABLE de nombreux cas d’identifications erronées à partir de l’iP. Hadopi, c’est toute une philosophie complètement INTOLÉRABLE pour l’accro à la liberté d’expression que je suis, même si je suis contre le piratage. Et tant qu’existera cette partie répressive et liberticide, soutenir n’importe quelle action de la Hadopi – même une action intelligente et bien communiquée hein, sur un malentendu ça pourrait même leur arriver – sera à mes yeux inadmissibles. Ce serait un peu comme défendre un pédophile kidnappant des gamins à la sortie de l’école en leur distribuant des sucettes sous le principe que cet individu soutient financièrement l’industrie des sucreries par son action, quoi.

Je pense que le principe du label P.U.R. part d’une bonne intention, et sans parler d’une vraie bonne idée, avec une meilleure communication cela aurait pu être une excellente initiative. Que j’aurais probablement soutenue, d’ailleurs, si elle provenait directement du ministère de la culture, voire d’une entreprise privée. Mais au vu de l’association de ce label avec la Hadopi, je n’ai pas d’autre solution que de le fuir comme la peste. D’ailleurs, comme le dit le titre, je vais pour ma part effectuer un boycott P.U.R. et simple du label P.U.R. : j’arrêterai immédiatement de visiter tout site culturel ou informatif disposant du label, et je ne dépenserai jamais ne serait-ce qu’UN EURO sur un quelconque site commerçant disposant du label. Je vous encourage vivement à faire de même, d’ailleurs, et à faire passer le mot, tant que la partie liberticide, répressive, légalement bancale et inacceptable de la Hadopi sera en activité. Parce que certains « crimes » moraux ou philosophiques sont à mes yeux suffisamment graves pour rendre intolérable toute initiative, même bonne, provenant de la même entité. Je ne défendrai pas non plus mon pédophile virtuel de l’exemple ci dessus s’il passait ses week ends à faire du bénévolat chez les Restos du Coeur. Loin de moi l’idée de mettre sur le même plan de gravité les crimes tangibles des pédophiles avec les crimes moraux de la Hadopi contre la liberté d’expression, la vie privée et la présomption d’innocence (même l’ONU le dit, hein), mais cette métaphore est à mes yeux plutôt claire pour comprendre mon propos, et dans un sens c’est un clin d’oeil morbide à l’excuse numéro un des législateurs répressifs, la pédopornographie sur Internet étant bien souvent le vilain démon utilisé comme polichinelle pour justifier et faire accepter a peu près toutes les récentes dérives totalitaires et inacceptables de la politique numérique du gouvernement, si inefficaces soient elles dans les faits pour contrer ce fléau.

Bref, ce n’est pas le sujet ici, le message important est : boycott systématique des sites labellisés PUR. Qui en est ?

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La citation du jour: « Qui aurait cru que je pourrais m’ennuyer a ce point en parlant de couilles… »
La chanson du jour: Piccadilly Palare, Morrissey, « The Piccadilly palare was just silly slang between me and the boys in my gang « So Bona to Vada. OH YOU! Your lovely eek and your lovely riah »  »

Même s’il vous faudra attendre demain pour ma semaine de comics, la vie est belle !

Trois petites notes de musique qui vous font la nique

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De la mémé écoutant Franck Michael lui susurrer que toutes les femmes sont belles aux night-clubbers écoutant Ke$ha leur dire qu’elle veut être a little bit tipsYYYÿÿÿÿyyyyy, rares sont les gens qui vivent dans une bulle loin de toute musique. Certains veulent de la musique pour bouger, d’autres pour planer, d’autres cherchent de la poésie moderne ou de l’humour dans des chansons à texte. D’autres enfin sont très éclectiques et si j’ai toujours trouvé drôle d’avoir à la fois du Francis Lalanne et du Marilyn Manson dans ma bibliothèque iTunes, je suppose qu’il y a d’autres combos tout aussi funky chez beaucoup d’entre vous.

En revanche, quelles que soient nos habitudes de mélomanes ou notre consommation de musique, il y a certaines chansons qui vous « accrochent » immédiatement, dès les premières notes, particulières ou inoubliables. La singularité des introductions de chansons est ce qui a donné naissance à la mode du blind test, ce jeu assez sympa à faire lorsqu’on est beaucoup en soirée privée et dont le but est d’être le premier à correctement identifier une chanson à partir des premières notes (je suis d’ailleurs un pro du blind test sur la période 1980-1990, like a boss). Et c’est vrai que si certaines chansons ont besoin d’être appréhendées dans leur intégralité pour nous séduire ou révéler leur force (un bon exemple: l’excellent Music de John Miles), d’autres chansons sont des allumeuses qui nous ont déjà conquis dès les 15 premières secondes. Il est très difficile de composer une intro « qui claque » (j’emploie des vieilles expressions si je veux) et par cet article je voulais leur rendre hommage. Je vais donc vous donner ici les mises en bouche musicales qui sont à mes yeux – ou plutôt à mes oreilles, soyons cohérents – les plus réussies, en deux catégories (intros courtes, où ce qui compte est le premier riff quand les premières notes tiennent du génie, et intros longues qui prennent leur temps pour poser une symphonie musicale bien avant les premières paroles). J’ai volontairement limité cette sélection, notamment pour des artistes comme Bowie ou The Cure qui sont assez doués pour leurs intros, et aussi parce que la version initiale comportait plus de 50 titres et ça faisait un peu beaucoup! En revanche, n’hésitez pas à utiliser les commentaires pour partager vos goûts personnels et les chansons que vous auriez mis dans l’une ou l’autre catégorie!

 

Intros courtes:

* Are you gonna go my way, Lenny Kravitz
* Astronaut, Amanda Palmer
* Back in black, AC/DC
* Bad, U2
* Cemetry gates, The Smiths
* Losing my religion, R.E.M.
* Marilou sous la neige, Serge Gainsbourg
* My Sharona, The Knack
* Revolution, The Beatles
* Sex changes, The Dresden Dolls
* Smooth criminal, Michael Jackson
* Street spirit (fade out), Radiohead
* Tostaky, Noir Désir
* Under pressure, Queen & David Bowie
* Ziggy Stardust, David Bowie

 

Intros longues:

* Baba O’Riley, The Who
* Bittersweet symphony, The Verve
* Forever now, The Psychedelic Furs
* I don’t want a lover, Texas
* I was made for loving you, Kiss
* The kiss, The Cure
* Money for nothing, Dire Straits
* Narcotic, Liquido
* No surprises, Radiohead
* Not an addict, K’s Choice
* Obstacle 1, Interpol
* Portions for foxes, Rilo Kiley
* The power of love, Huey Lewis and the News
* The show must go on, Queen
* Stairway to heaven, Led Zeppelin
* Station to station, David Bowie
* Tam tam, Michel Polnareff
* Tonight, tonight, The Smashing Pumpkins
* Thunderstruck, AC/DC
* Where the streets have no name, U2

A vous!

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La citation du jour: « J’aime beaucoup cette piece, je m’y sens tout de suite bien »
La chanson du jour: Everyday is like Sunday, Morrissey, « Trudging back over pebbles and sand and a strange dust lands on your hands and on your face… »

Même si j’ai eu beaucoup de mal à raccourcir la liste, la vie est belle !

Cachez ce commerce du sexe que je ne saurais voir…

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Si je n’ai jamais écrit d’article complet sur la thématique des travailleurs et travailleuses du sexe, j’ai déjà abordé le sujet ça et là au fil des ans sur le blog et dans les commentaires d’autres sites que j’ai pu fréquenter lorsqu’un article m’a fait réagir sur le sujet. J’ai toujours eu un profond respect et une grande admiration pour celles et ceux qui ont fait ce choix de carrière, qu’ils soient gogo dancers ou qu’elles soient escortes de luxe. Note : je parle bien des gens qui font ces métiers par choix, et pas des victimes de l’esclavage moderne et du recel de corps. Si la proportion de ceux et celles qui souffrent d’une telle situation est fort heureusement en baisse par rapport aux autres (surtout dû à l’augmentation de l’offre), ce n’est pas une raison pour ne plus les défendre.

Mais là n’est pas le sujet de cet article. J’ai tendance à être attristé (voire courroucé) par la législation française autour de cette thématique, notamment vis à vis de la prostitution. Il est possible d’argumenter que la France reste sur ce sujet, comme sur beaucoup d’autres, l’un des pays les plus répressifs et aux lois les plus stupides parmi les pays dits développés. Et si les mentalités de l’opinion publique évoluent, si on entend même les media parler d’études sur les réouvertures de maisons closes, etc. en pratique la loi, elle, va en se durcissant et derrière les belles paroles et les classiques « oh les pauvres il faut les défendre » rend en pratique leur vie de plus en plus difficile (lois anti racolage et autre mesures augmentant la précarité des prostitué(e)s, diminuant leur sécurité physique, et n’étant au final qu’une politique de l’autruche. Comme je le dit souvent, ce n’est pas parce qu’on éteint la télévision quand les journaux parlent de la guerre qu’il y a soudainement la paix dans le monde).

L’un des aspects du Code Pénal n’ayant pas su, là encore, s’adapter à l’évolution du monde, est la loi sur le proxénétisme. L’élément déclencheur de cette réflexion et de cet article est un reportage déniché sur l’iPad par ma fiancée abordant de nombreux sujets sur le commerce du sexe. Dans l’un des reportages-dans-le-reportage, on y voit un gendarme tout fier d’expliquer que la loi a su s’adapter à l’ère numérique, et qu’aider la commercialisation du sexe sur Internet est aussi considéré comme proxénétisme maintenant. Il s’empresse alors de démontrer cette affirmation pour les caméras en arrêtant avec le même air tout fier un bonhomme cinquantenaire qui avait monté un site où les escortes pouvaient déposer leurs annonces pour trouver des clients.

Génial non ? Bin non, justement, c’est le genre de choses qui me met hors de moi. La loi contre le proxénétisme est une bonne chose dans le contexte de la prostitution de rue, principalement pour contrer les exploitants, les macs qui abusent de la fragilité des travailleurs et travailleuses du sexe pour s’accaparer une part (souvent indécente) de leurs revenus. C’est du racket, et ça, c’est bien qu’il y ait des lois contre. Mais là, on voit les limites de la loi mise dans les mains des pseudo moralisateurs à deux balles, et de son côté brute : une loi c’est une massue, pas un scalpel, donc il faut la cadrer très précisément pour éviter les débordements. Ici, toute personne aidant une prostituée ou lui fournissant un service dans le cadre de son travail est un proxénète. Créer un réseau social payant pour prostitué(e)s ? Proxénétisme. Leur créer un site web pour les aider à se présenter ? Proxénétisme. C’est quand même dingue, à l’heure du numérique, je trouve. On ne parle pas ici d’un individu louche et violant usant de force pour soutirer de l’argent à des personnes faibles, mais d’entrepreneurs offrant un service numérique qui ont le malheur soit de choisir le domaine du sexe pour se spécialiser, soit tout simplement de ne pas refuser un client juste en fonction de son métier (qui, rappelons le pour la prostitution, est un métier censé être légal en France, oui, je sais, on ne dirait pas…). Techniquement, même les associations de soutien aux prostitué(e)s qui leur distribuent des soupes sur les trottoir sont des proxénètes. Mais fort heureusement, ces associations ne sont pas poursuivies (en général), disposant d’une « immunité de bon sens »… mais le développeur web, lui, il n’a pas cette chance, même s’il aime beaucoup la soupe.

En quoi est-ce répréhensible de ne pas filtrer ses clients en fonction de leur activité, pour un entrepreneur ? En quoi est-ce répréhensible de ne pas admettre la discrimination de métier ? Sous des prétextes fallacieux de morale ? Il y a des dizaines de métiers qui méritent beaucoup moins de respect que celui ci, en tout cas à mes yeux. Et c’est encore une manière de chercher à faire disparaître du regard d’autrui la réalité du marché du sexe, méthode de l’autruche. Imaginez un peu s’il était interdit d’offrir des services d’hébergement ou de création de sites aux vendeurs de peluches, par exemple. Et si les contrevenants à cette interdiction allaient en prison ? Pour un créateur de sites, il n’y a pas de différence technique entre créer un site pour vendre des peluches et créer un site pour vendre des services intimes. Et pourtant, dans le second cas de figure, notre développeur devient un proxénète. Ce genre de raccourcis me met hors de moi, tant pour le développeur (qui doit donc potentiellement, pour rester en règle, refuser des clients juste au vu de leur activité, même lorsque cette activité est légale hein, on ne parle pas de sites de vente de cocaïne à prix de gros) que pour les travailleurs et travailleuses du sexe qui voient de facto diminuer leur capacité d’accéder à des services pouvant les aider dans leur travail, services accessibles légalement pour à peu près toutes les autres professions.

En conclusion, nous sommes là encore en présence de l’effet media, où on va claironner au nom de la morale et de la défense des faibles le vote de lois répressives, archaïques et surtout inefficaces. Non, pire qu’inefficaces : contre-productives. Ces lois censées défendre les faibles et les prostitué(e)s exploitées par autrui n’ont non seulement aucun effet dans ce sens (tout aussi inefficace que les listes noires de la LOPPSI pour stopper la pédopornographie) mais ont un effet délétère sur les conditions de travail et la vie de tous les jours de ceux et celles qui font ce métier par choix et qui, contrairement aux idées reçues, sont aujourd’hui majoritaires dans le milieu, une raison supplémentaire de les respecter puisque continuer à vouloir faire ce métier malgré les campagnes de peine de merde dans les media en France, cela demande beaucoup de courage.

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La citation du jour: « Changer une loi c’est ouvrir des portes »
La chanson du jour: Roxanne, Police, « Walk the streets for money, You don’t care if it’s wrong or if it’s right »

Même si je vais avoir un public funky en provenance des moteurs de recherche vu les mots clefs, la vie est belle !

Le goût des mots

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Lors de ma tournée matinale des blogs, je tombe sur cette question en l’air lancée par l’auteur de « les libraires se cachent pour mourir » : Quel est votre premier vrai souvenir de lecture?

Il n’y en a pas un, mais trois particulièrement marquants qui m’ont, je pense, défini en tant que lecteur. Fidèle lecteur, jolie lectrice, je suppose que tu ne seras pas surpris d’apprendre que mon premier « vrai » souvenir de lecture est une lecture de comic book (bien qu’en français, à l’époque, du coup). J’ai quatre ans, et dans moins d’un mois, ce sera mon anniversaire. Et comme beaucoup de petits garçons de quatre ans, je suis une épreuve du quotidien pour la patience de ma mère et de mon entourage. J’étais un petit garçon très capricieux avant cette première rencontre avec la lecture, et comme je ne savais pas encore m’occuper seul, je voulais qu’on s’occupe de moi. Je me souviens distinctement de cet arrêt dans une station service (du temps où le prix au litre, en francs, ne devait pas être loin des mêmes chiffres que le prix actuel en euros). Il y a beaucoup de monde dans la station, en ce jour de juin, et moi je n’aime pas attendre. Je pique donc une crise dans la station service, outré probablement que le monde entier ne s’intéresse pas à MOI. Et là, au lieu de me mettre une voiture mécanique dans les mains ou de me fourrer un bonbon dans la bouche, ma mère me tend « une bédé ». Strange N°174, du temps où les comics Marvel étaient (mal) traduits par les éditions Lug, avec Iron Man et Machine Man en couverture. Dedans, « L’Homme-Araignée » se bat contre un monstre qui ressemble à un gros paté de sable (une fusion entre Hydroman et Sandman « l’Homme-Sable »). Un aveugle déguisé en diable se bat contre des « méchants » pendant qu’une dame ninja en ROUGE fait de même en parallèle dans un autre entrepôt. Je suis fasciné. Ce livre, non seulement il y a des images, mais en plus il se passe des trucs (on est loin de Martine joue à Ainsi-Font-Font-Font), c’est comme un dessin animé sans avoir besoin d’allumer la télé. Et en plus j’apprends à lire (et je n’en suis pas peu fier, un an ou deux avant l’âge où ça devient obligatoire). Du coup, voyant que je ne pipe pas un mot avec le périodique dans les mains, ma mère a dû en payer le prix (8 francs et 10 centimes) les yeux fermés, peu cher pour un peu de calme. C’est là que mes caprices de petits enfants se sont un peu modifiés : plutôt que de réclamer des voitures ou un chapeau de cow boy, je réclamais mes « Strange ». Les « quatre fantastiques » par Kirby, et surtout les « nouveaux X-Men » dans Spécial Strange (le premier que j’ai eu en main c’est la traduction de Days of Future Past dans Spécial Strange 36, vous imaginez le choc !). Ma mère ou ma grand mère m’aidaient à les lire au début, mais je pense que la motivation d’être autonome avec mes comics a laaaaargement contribué a ma motivation à apprendre à lire VITE.

Le second souvenir marquant fut la transition vers des livres sans images. Mon père surtout, grand amateur de livres, devait désespérer de me voir me concentrer exclusivement sur « mes conneries » (son petit nom pour les comic books, encore à ce jour). Et il a essayé de me faire lire autre chose. Il négociait ses faveurs: si je me choisissais un « vrai » livre chez le bouquiniste-du-coin, j’avais le droit de prendre aussi quelques « conneries ». Mais il surveillerait le fait que je lise AUSSI les « vrais » livres. Alors j’en choisissais des petits, des fins, que je lisais en diagonale avant de me jeter sur le dernier Spidey ou le Strange Spécial Origines que j’avais réussi à mendier. Et puis un jour (là, le souvenir est moins précis… j’avais sept ans ? Huit ?) je suis tombé sur deux auteurs qui m’ont plu, mais VRAIMENT plu, même sans les images: Jules Verne et Agatha Christie. Curieusement, j’aurais énormément de mal à les relire aujourd’hui, étant relativement « mauvais client » de livres fantastiques/anticipation/sf et de polars maintenant. Mais à l’époque j’étais conquis, et j’ai dévoré tout Verne (mon père avait l’intégrale dans une jolie collection) et énormément de livres de Christie (Dix Petits Nègres qui m’a énormément marqué dans mon enfance, et tous les Hercule Poirot). Et pendant de nombreuses années, j’ai continué à lire des comics, mais je prenais également du plaisir à lire des livres sans images, même si j’étais principalement lecteur de fantastique à l’époque (les tomes des fourmis de Werber au rythme de leurs sorties, les gros pavés du cycle de Dune, etc.).

Le troisième et dernier souvenir marquant ayant forgé mon caractère de lecteur remonte à mon adolescence. Si j’avais entre temps ajouté beaucoup de poésie à mes lectures fantastique (Verlaine, Rimbaud, Poe, Byron et, obviously, Baudelaire), les romans que je lisait à l’époque avaient peu évolué en termes de style ou de thème. Et tomber sur des bouses infâmes comme l’Assomoir de Zola ou l’Or de Cendrars dans les lectures obligatoires des cours de français ne m’encourageait guère à passer à un registre plus « classique ». Mais en fin de troisième, juste avant les vacances, je me suis intéressé à un livre particulier par accident. En effet, dans la salle des cours de dessin, notre professeur avait recouvert les murs de… dessins (non, DÉCONNE???) mais aussi d’affiches de films, dont l’Effrontée avec Charlotte Gainsbourg, Noce Blanche avec Vanessa Paradis et… Les lunettes en coeur du Lolita de Kubrick (ce qui, je m’en rends compte aujourd’hui en écrivant ces lignes, est une sélection un peu tendancieuse, pour un prof de collège, quand même…). J’étais fan de cette affiche. A la fin de l’année, j’ai demandé au professeur de quoi ça parlait, et il m’a dit que c’était tiré d’un livre. Du coup j’ai emprunté ledit livre à la bibliothèque et je l’ai lu pendant les grandes vacances. Si beaucoup des subtilités et des références littéraires parsemées par Nabokov dans le libre me sont nécessairement passées au dessus lors de cette première lecture, j’ai reçu ce livre comme un coup de canon dans le ventre, et je n’ai plus jamais été le même lecteur. Je me suis rendu compte de la force de la littérature, de la beauté des mots même hors de la poésie, et du pouvoir d’utiliser un livre comme tremplin à idées ou piste de réflexion. Peu à peu, le fantastique a disparu de ma table de chevet (mais les comics, eux, sont restés) et j’ai diversifié et affiné mes goûts, testant un peu tout, parfois conquis (Proust, Stendhal), parfois répugné (Zola, Sartre!), mais toujours curieux et ouvert.

Si de nombreuses lectures et de nombreux livres ont laissé leur empreinte indélébile en moi ce sont ces trois souvenirs, plus que tout autre, qui ont fait de moi le lecteur que je suis aujourd’hui.

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La citation du jour: « Ah bin c’est dans cette salle que j’ai parlé à Juliette pour la première fois! »
La chanson du jour: It’s only make believe, Cock Robin, « My hopes, my dreams come true »

Même si mon professeur de dessin était un peu chelou, avec le recul, la vie est belle!

 

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